Généralement vue comme une période de joie et de partage, les fêtes de fin d’année n’ont pas la même saveur chez tout le monde. Plus courant que ce qu’on ne le pense, le « blues des fêtes » touche chaque année des millions de personnes. Selon une enquêtes de l’American Psychological Association (APA) conduite aux États-Unis en 2023, 41% des adultes déclarent une augmentation de leur niveau de stress durant la période des fêtes. Derrière ces angoisses ou ce blues se cachent de nombreuses raisons, comme la solitude, une certaine pression sociale ou financière, ou encore des difficultés relationnelles au sein de la famille.
Le rôle de la dépression saisonnière
Chaque année, l’hiver apporte son lot de petits inconvénients qui peuvent peser sur le moral. La dépression hivernale, ou dépression saisonnière, plante le décor d’une baisse de régime sur la période des fêtes. Certes elle n’est pas le coeur du problème, mais elle créé les conditions pour que le blues s’installe et persiste. La diminution de la lumière naturelle affecte tant notre sommeil et nos rythmes biologiques que notre énergie et notre humeur. Une certaine fatigue se fait plus persistante et l’on perd en motivation. Ces symptômes créent un véritable épuisement mental et psychologique chez de nombreux individus. En effet, selon une étude, environ 10% des patients consultants leur médecin traitant en hiver seraient atteints de dépression saisonnière.
Blues des fêtes et pression sociale
Malgré elles, les fêtes véhiculent des attentes implicites quant à notre santé mentale. On s’attend à ce que la période soit joyeuse, que l’on soit heureux, détendu et entouré. Mais que se passe-t-il quand ce n’est pas le cas ? La pression sociale peut pousser à faire semblant ou à s’isoler, ce qui peut créer un sentiment de honte ou de culpabilité. On peut aussi minimiser son mal-être pour s’intégrer au groupe. De même, les discussion familiales sont généralement un terrain fertile à la comparaison. Celle-ci peut venir accentuer un sentiment de solitude ou de décalage. Autre point que peut peser sur le moral de beaucoup : la pression financière apportée par les fêtes de Noël. Entre les cadeaux, le repas et parfois le déplacement, les fêtes sont synonymes de dépenses. Chez une personne avec un budget serré, celles-ci viennent créer de l’angoisse et une charge mentale supplémentaire.
Quelques pistes pour combattre le blues des fêtes
S’il est difficile d’agir rapidement sur certains points, comme le sentiment de solitude ou les dynamiques familiales, il existe quelques solutions pour naviguer cette période plus sereinement. En ce qui concerne la dépression hivernale, respecter son cycle de sommeil peut aider à combattre la fatigue, et donc mieux supporter les baisses de moral. Certains médecins conseillent également la luminothérapie, ou des promenades en plein air, en cas de déprime saisonnière. Concernant la charge mentale, il peut être bénéfique de poser ses limites à l’avance. Dire « non » sans se justifier, partir plus tôt si l’on se sent fatigué, déléguer des tâches ou encore ne pas chercher la perfection. Pour gérer les moments difficiles, il est possible d’utiliser des outils discrets comme des pauses, techniques de respiration ou encore choisir des sujets de conversation « refuge ». Si possible, un accompagnement psychologique professionnel aide à mieux comprendre ce que l’on vit et à traverser ces émotions qui peuvent paraître contradictoires.