Longtemps considéré comme un simple snack de cinéma, le popcorn est devenu un véritable produit culturel. Depuis deux ans, les "popcorn buckets", ces seaux collectors vendus lors des sorties de films, connaissent un énorme succès. Certains modèles dépassent les 50 euros et s’écoulent pourtant en quelques heures. L’exemple le plus marquant reste le seau géant Galactus, lancé en 2025 pour Les Quatre Fantastiques. Vendu environ 75 euros aux États-Unis, il est devenu le plus grand popcorn bucket commercialisé au monde avec près de 50 centimètres de large et une capacité d’environ 10 litres. Les modèles "premium" coûtent généralement entre 25 et 45 euros, mais certains vont beaucoup plus loin. Le modèle "H.E.R.B.I.E.", avec compartiments pour boissons et confiseries, était proposé autour de 90 euros. Ces objets sont devenus des produits de collection et des outils marketing puissants. Depuis le succès viral du seau de Dune: Part Two en 2024, chaque blockbuster cherche désormais à créer le modèle qui fera parler sur les réseaux sociaux.
Un objet collector devenu indispensable
Les studios jouent désormais sur la rareté. Les stocks sont limités et la plupart des modèles disparaissent après quelques jours. Résultat : un marché parallèle s’est développé sur les plateformes de revente, où certains seaux valent deux à trois fois leur prix d’origine. En 2026, plusieurs modèles ont particulièrement marqué les spectateurs. Scary Movie 6 a lancé un seau en forme de téléphone des années 1990 capable de diffuser le célèbre "Wazzup !". Sonic 4 a misé sur des designs interactifs, tandis que Super Mario Galaxy proposait un modèle lumineux en forme de Luma. La sortie de Toy Story 5, prévue pour le 17 juin 2026 en France, s’inscrit aussi dans cette logique. Les seaux associés au film jouent sur les personnages emblématiques de la saga. L’un reprend le chapeau de Woody, intégré directement comme couvercle du seau. Un autre est inspiré de l’équipement de Buzz l’Éclair, avec des éléments lumineux et des détails rappelant sa combinaison spatiale. L’objectif est de transformer ces objets en produits immédiatement reconnaissables et très attractifs pour les fans, tout en renforçant l’effet collector. Pour les cinémas, ces objets représentent surtout une nouvelle source de revenus. Les exploitants récupèrent une part limitée sur les billets de cinéma, dont une grande partie revient aux studios. Le popcorn classique reste extrêmement rentable avec des marges estimées autour de 90 %. Les buckets collectors permettent quant à eux d’augmenter fortement le panier moyen des clients, parfois jusqu’à 60 euros par séance.
Pathé mise aussi sur le popcorn à domicile
Face à cet engouement, les grandes chaînes développent désormais leurs produits en dehors des salles. Le 28 avril, Pathé et Carrefour ont annoncé un partenariat inédit pour vendre le popcorn des cinémas Pathé dans les rayons des supermarchés Carrefour. Le groupe mise sur l’image "premium" de son produit : maïs cultivé dans le Gers, fabrication sans huile de palme, sans OGM, sans additifs ni conservateurs et certification végan. En 2024, Pathé a vendu près de 743 tonnes de popcorn, soit plus de 5,5 millions de gobelets. Le popcorn devient ainsi bien plus qu’une gourmandise de cinéma. Entre produit de collection, objet marketing et relais de croissance économique, il s’impose désormais comme l’un des symboles les plus rentables de l’expérience cinéma moderne.