La tendance des croissants céréales est l'un des buzz culinaires les plus insolites de ces dernières années. Le concept bouscule les traditions. Il consiste à transformer l'icône de la viennoiserie française en mini-céréales croustillantes à verser dans un bol de lait.
Une histoire d'amour née à Brooklyn
Tout commence pendant la pandémie, dans un appartement de Brooklyn. Gautier Coiffard, ingénieur français venu de Grenoble, prépare des viennoiseries maison. Sa fiancée américaine, Ashley, raffole de ses créations. Pour financer leur mariage, ils lancent une campagne Kickstarter, une plateforme où des projets créatifs voient le jour grâce au soutien des contributeurs, afin d’ouvrir une boulangerie. Ashley demande à Gautier d’imaginer une version miniature de ses croissants. C’est ainsi que naît le « Croissant Céréale ». Leur boulangerie, L’Appartement 4F, ouvre ensuite à New York. Rapidement, les vidéos de leurs boîtes de mini-croissants envahissent TikTok et Instagram, et le phénomène prend de l’ampleur dans le monde entier. Il ne s’agit pas simplement de petits morceaux de pâte cuits au four. Ce produit respecte le savoir-faire français traditionnel. Gautier utilise une vraie pâte à croissant feuilletée au pur beurre, qu’il étale finement, découpe en micro-triangles et roule à la main. Pour éviter que les croissants ne se transforment en bouillie dans le lait, la cuisson est adaptée. Les mini-viennoiseries sont d’abord cuites, puis plongées dans un sirop à la cannelle avant d’être déshydratées. Le résultat a une texture très croustillante. Les grandes boîtes contiennent environ 250 mini-croissants. Comme chaque croissant prend environ une minute à préparer, la production demande un travail énorme.
Le prix fort du succès artisanal
Ce processus demande deux jours de travail supplémentaires par rapport à un croissant classique. En raison de cette fabrication strictement artisanale, la boulangerie ne produit qu'une dizaine de boîtes par jour. Cette rareté crée une immense exclusivité à New York. Les clients se pressent chaque matin devant la boutique. Les plus motivés forment une file d'attente dès 7h00 ou 7h30 du matin. À l'ouverture à 8h00, les premiers arrivés espèrent obtenir le précieux sésame. Le prix de vente reflète ce travail titanesque. Aux États-Unis, la grande boîte s'arrache au prix de 50 dollars, soit environ 43 euros. Un format plus petit est également proposé à 25 dollars, soit environ 21 euros. Face à ce coût et à la rareté du produit, la tendance a franchi les frontières de la boutique. Sur les réseaux sociaux, de nombreux passionnés partagent des recettes pour reproduire ces mini-viennoiseries à la maison. Ils utilisent souvent des pâtes prêtes à dérouler pour simplifier l'exercice. La technicité française, ainsi réinventée, continue de fasciner les gourmands du monde entier.