Solitude, anxiété, doutes : pourquoi ChatGPT devient le “psy” de la génération Z

Disponible à toute heure, gratuit et sans jugement, ChatGPT séduit de plus en plus de jeunes en quête de soutien psychologique. Mais derrière cette nouvelle forme de confidence numérique se cachent aussi des limites et des risques bien réels.

Parler de santé mentale reste encore difficile pour beaucoup, malgré une prise de conscience grandissante. Face à la solitude, au stress ou à l’anxiété, certains jeunes préfèrent désormais se tourner vers un interlocuteur inattendu : l’intelligence artificielle. ChatGPT, initialement conçu pour répondre à des questions ou aider à la rédaction, est de plus en plus utilisé comme confident, voire comme substitut à un thérapeute. Une pratique qui interroge autant qu’elle inquiète

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ChatGPT, un confident toujours disponible

Sur les réseaux sociaux et dans les médias, les témoignages se multiplient : de nombreux utilisateurs expliquent confier leurs doutes, leurs angoisses ou leurs problèmes personnels à ChatGPT. L’outil présente en effet des avantages évidents. Il est accessible 24 heures sur 24, rapide, gratuit dans sa version de base et surtout perçu comme non jugeant. Pour certains, il est plus simple de se livrer à une machine qu’à un proche ou à un professionnel, notamment la nuit ou dans des moments de grande vulnérabilité. Selon un sondage Ipsos publié en février, près de quatre Français sur dix utilisent des outils d’intelligence artificielle, une proportion qui grimpe à 74 % chez les jeunes. Si l’IA est majoritairement sollicitée pour des recherches ou de l’aide à la rédaction, plus d’un quart des utilisateurs déclarent l’employer pour discuter d’un problème personnel et tenter de trouver des solutions.Il existe même sur Chatgtpt une page qui se nomme "mon psy", sur la page est marqué que ce dispositif ne peut remplacer un professionel de santé et encourage à consulter. Nous l'avons essayé.

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Peut-on vraiment remplacer un thérapeute ?

Pour les spécialistes, la réponse est claire : non. Si les chatbots peuvent apporter un soutien ponctuel, ils ne remplacent pas un professionnel de la santé mentale. Le psychiatre Serge Tisseron souligne que ces outils attirent parce qu’ils écoutent et ne jugent pas. Mais contrairement à un thérapeute humain, un chatbot ne perçoit ni le non-verbal, ni les silences, ni les contradictions entre les mots et l’attitude. Autre différence majeure : un thérapeute peut reconnaître ses limites, ajuster son discours et confronter un patient lorsque cela est nécessaire. L’IA, elle, cherche avant tout à répondre, quitte parfois à produire des réponses approximatives ou inadaptées. Un biais qui peut s’avérer dangereux chez des personnes en grande souffrance psychologique.

Des risques bien réels

Si certains voient en ChatGPT un soutien rassurant, d’autres alertent sur ses dérives possibles. Des cas récents ont ravivé les inquiétudes, notamment celui de jeunes utilisateurs ayant développé une relation excessive avec des intelligences artificielles, parfois au détriment de leur vie sociale. Dans des situations extrêmes, cette dépendance aurait contribué à un isolement profond, voire à des passages à l’acte dramatiques. "Chez un utilisateur en souffrance psychologique et sans entourage à qui se confier, cette pratique risque d’accentuer l’isolement", prévient Joséphine Arrighi de Casanova, vice-présidente du collectif MentalTech. Or, l’isolement est reconnu comme un facteur aggravant majeur des troubles psychiques.

L’IA et la santé mentale : un outil, pas une solution

La recherche montre pourtant que les chatbots sont performants dans l’analyse émotionnelle et l’empathie cognitive. Certains utilisateurs se montrent même plus sincères face à une machine qu’avec un thérapeute humain. Ces atouts expliquent pourquoi l’IA suscite autant d’intérêt dans le domaine de la santé mentale. Mais à l’heure actuelle, ces technologies ne sont ni suffisamment encadrées ni capables d’assurer une prise en charge thérapeutique fiable à grande échelle. Elles peuvent accompagner, orienter ou aider à verbaliser un mal-être, mais elles ne doivent pas devenir l’unique recours.

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