À travers un simple dossier Dropbox, à télécharger gratuitement, toute l’histoire de Maison Margiela se révèle à nous, à travers une marée d’images et de documents nommé Maison Margiela/folders. Depuis le lancement en 1988 l’anonymat était pourtant le fil rouge de la marque. Anticonformiste, cette mise à nu se renforce avec quatre expositions signées Margiela dans différentes villes chinoises, à partir du 2 avril prochain. Une maison haute couture, qui ne cesse de réinventer les règles.
Margiela sort du silence
Ce projet inattendu, dévoile des dossiers internes jusqu’à présent gardés secrets. Cette démarche signe la fin d’un mystère. Si la discrétion était la signature de la maison, en ce début d’année 2026, Margiela sort du silence. Le dossier Dropbox, ouvre les coulisses de sa création au grand public. Il regroupe moodboards, documents de travails, images, communiqués de presse, sources d’inspiration et archives. Tous ces outils n’ont, pour l’heure, jamais été dévoilés auparavant. Ces ressources de travail, confidentielles, restent habituellement confinés aux ateliers, mais se retrouvent aujourd’hui à la portée de tous. De quoi ravir les amateurs de la maison, ou de l’univers du luxe au sens large. Glenn Martens offre ainsi une relecture précieuse d’un immense héritage qui n’a jamais cessé de fasciner le monde de la mode depuis sa création en 1988. Un geste fort, qui promet une immersion totale dans l’univers de Maison Margiela, accompagné d’une rupture symbolique avec la tradition du secret.
Quatre codes en quatre expositions
Ce projet, de rendre le luxe plus accessible, prend également place sous la forme d’un défilé à Shanghai le 1er avril prochain, ainsi que quatre expositions à travers la Chine. La Maison s’adresse de ce fait à un public mondial.
- Inaugurée au lendemain du défilé, le 2 avril, la première exposition dévoile à Shanghai Artisanal. Elle met en lumière une quarantaine de pièces issues de la ligne haute couture emblématique de la Maison.
- Du 7 au 12 avril, à Pékin, l’exposition s’intéressera au thème de l’anonymat culte, dans l’image de marque, à travers ses masques.
- Les mythiques souliers Tabi seront à l’honneur dans la troisième exposition à Chengdu.
- Enfin, une dernière rétrospective à Shenzhen brandira, sans surprise, le Bianchetto, la technique de surpeinture. Un autre pilier de la maison, star des podiums dès le premier défilé en 1988.
Une révolution culturelle
Maison Margiela/folders se positionne comme étant le projet d’une nouvelle ère. Cette initiative inaugure une nouvelle manière d’explorer son univers, tournée vers l’héritage, mais surtout, vers l’avenir. C’est une prouesse, car le pari d’ancrer la mode dans la culture n’est pas évident. Avec cette annonce, Glenn Martens affirme qu’il est possible de démocratiser la mode via le digital, tout en gardant une dimension physique, c’est un pari relevé. Le public devient ainsi acteur de l’histoire. Les notions d’archives et de partages ont été réinventées. Cette annonce nous permet de mieux comprendre son absence aux Paris Fashion Week haute couture et prêt-à-porter.