Depuis quelque temps, l’expérience Vinted a pris un virage. Véritable friperie en ligne à l’origine, des revendeurs ont trouvé une faille, pour en tirer profit. Nous tombons de plus en plus souvent sur des articles neufs, présentés comme « vintage » et cachent une réalité bien moins éthique que la seconde main. Le phénomène qui consiste à vendre des produits neufs issus de fast-fashion, décrits comme vintage et les arborer fièrement, devient le nouveau fléau de la plateforme de revente.
Que se passe-t-il sur Vinted ?
Le succès de l’application de revente a malheureusement attiré des revendeurs malhonnêtes. En se faisant passer pour de simples particuliers, ils postent en ligne des vêtements provenant de sites d’ultra-fast-fashion tels que Shein, Aliexpress ou Temu. Le procédé est simple : acheter un produit peu cher et le revendre trois ou quatre fois son prix d'origine, tout en indiquant qu’il est "vintage". Pour rendre l'illusion parfaite, ces vendeurs calquent le modèle friperie, qui bien souvent, ne nous offre pas d’étiquettes, à cause de l’usure. Donc, ils n’hésitent pas à couper les étiquettes pour faire disparaître la marque d’origine. Ce principe dénature complètement le concept de la seconde main. Au lieu de favoriser une approche éthique des achats sur internet, ils mettent en place business où des articles neufs, de très mauvaise qualité sont vendus à des prix illégitimes. Articles qui proviennent de sites problématiques.
Attention aux faux profils
Pour nous piéger, ces comptes utilisent des méthodes bien rodées. On tombe facilement sur le profil type de la jeune fille passionnée de mode qui vide son armoire, mais derrière la bio attrayante, la réalité est différente. Le journal NRC, un quotidien néerlandais a enquêté. Pour exemple, ils ont repéré un compte avec plus de 500 ventes. Mais la vendeuse changeait de visage sur chaque annonce : une fois blonde, une fois brune, avec des styles qui n'ont pourtant rien à voir. Leur enquête se poursuit et démontre des prix hallucinants. Un tailleur rose affiché à 74 euros sur un shop Vinted se retrouve à moins de 30 euros sur Shein. Même constat pour des cardigans ou des vestes en fausse fourrure, mots-clés très prisés en ce moment, selon le même journal. Le phénomène semble dépasser la plateforme. Malgré ses signalements et nouvelles mesures automatisées, de nombreux comptes continuent activement leurs pratiques.
Nos conseils pour ne pas se faire avoir :
Pour ne pas tomber dans le piège, voici quelques conseils.
- La recherche d'image inversée : Il s’agit de prendre une capture d’écran dont il est question, et lancer une recherche sur Google Images directement. Si le vêtement apparaît sur Shein, AliExpress ou Temu, vous serez fixés.
- Le dressing du vendeur : Un dressing qui contient 150 articles neufs, c'est particulièrement suspect. Aussi, si le modèle change d'une photo à l'autre, c'est un signal d'alarme.
- La cohérence des prix : Lorsqu’un article est nommé « vintage » ou « sans marque » il faut se méfier. Proscrire aussi les appellations du type « Y2K » ou « Coquette ».
- Les évaluations : Lire les évaluations permet d’avoir un retour sincère d’autres acheteurs. Si ils ont été déçus, ils n’hésitent pas à le mentionner.
En restant vigilants, on peut continuer à faire de Vinted un espace de mode authentique.