Les soirées 100% entre femmes : un concept qui séduit de plus en plus

Colombe Djiadjei
Colombe Djiadjei

Une fille avide de découvertes, j’explore les sujets comme les histoires qu’ils racontent. Curieuse, parfois un peu trop. J’aime comprendre, creuser, analyser. Est-ce un défaut ? Peut-être. Mais c’est surtout ce qui nourrit ma plume.

Faire la fête sans pression, sans regards insistants et sans peur du harcèlement. Partout en France, les soirées non-mixtes réservées aux femmes se multiplient et rencontrent un succès grandissant. Entre besoin de liberté, sécurité et sororité, ce phénomène interroge aussi notre rapport au vivre-ensemble.

Et si faire la fête redevenait un espace de lâcher-prise total ? Depuis quelques années, des collectifs proposent des soirées exclusivement réservées aux femmes. Dans ces lieux festifs, la musique résonne, les corps dansent librement et l’ambiance se veut bienveillante, loin des codes et des contraintes souvent associés aux soirées mixtes. Un concept qui répond à une demande croissante, tout en soulevant des questions sociétales plus larges sur la place des femmes dans l’espace public.

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La Bringue, symbole d’un phénomène en pleine expansion

Parmi les acteurs majeurs de cette tendance, le collectif La Bringue s’est imposé comme une référence. Né presque par hasard en 2019, à la suite d’une invitation lancée sur les réseaux sociaux, le concept a rapidement pris de l’ampleur. Aujourd’hui, La Bringue organise des soirées dans près de 70 villes en France, réunissant parfois jusqu’à 700 femmes dans des lieux ouverts spécialement pour l’occasion. Ces événements se déroulent généralement en début de soirée, dès 19 heures, afin de s’adapter aux contraintes de la vie professionnelle et familiale. L’objectif est clair : permettre aux femmes de faire la fête sans culpabiliser, ni sacrifier leur quotidien.

Un besoin ancien, une forme moderne

Les fêtes entre femmes ne sont pas une invention récente. Dans l’Antiquité déjà, les Bacchanales offraient aux femmes un espace de célébration entre elles, avant d’être sévèrement réprimées. Plus tard, dans les années 1970, les milieux féministes, lesbiennes et queer réinvestissent la non-mixité festive comme un moyen de se réapproprier leur corps et leur liberté. Le terme "bringueuse", dérivé de "faire la bringue", apparaît à la fin du XIXᵉ siècle, mais prend un nouveau sens dans les années 2010, notamment grâce à des collectifs comme Barbi(e)turix et leurs célèbres soirées Wet For Me. Les réseaux sociaux, et en particulier TikTok, ont ensuite largement contribué à populariser le phénomène, à coups de hashtags, de playlists et de recommandations de lieux.

Danser sans être sexualisée

L’un des piliers de ces soirées réside dans la liberté corporelle. Ici, pas de dress code imposé, pas d’injonction à la séduction. Jogging, talons, crop top ou mini-short : chacune vient comme elle est. L’essentiel est de se sentir à l’aise. Comme l’explique Laurianne Béma, gérante de La Bringue, ces espaces permettent aux femmes de danser sans craindre que leur corps soit sexualisé par le regard extérieur. Un contraste marqué avec les soirées mixtes, où certains comportements peuvent rapidement devenir pesants, voire intrusifs. La non-mixité ne s’arrête pas à la piste de danse. Dans les soirées de La Bringue, les équipes à l’entrée, les DJ et, autant que possible, le personnel derrière le bar sont des femmes. Résultat : une ambiance jugée plus détendue et respectueuse, au point que certains établissements témoignent ne pas avoir eu besoin de renforcer la sécurité. À Rennes, par exemple, un bar a récemment testé sa première soirée non-mixte avec plus de 200 participantes et un chiffre d’affaires supérieur à une soirée classique. Une réussite à la fois économique et humaine.

"Maman va danser" : la fête adaptée aux vies chargées

Autre déclinaison du concept : les soirées "Maman va danser", inspirées d’un modèle berlinois. À Marseille, une première édition a rassemblé des femmes de tous âges, venues partager un moment festif loin des obligations du quotidien. Des soirées à taille humaine, pensées pour se terminer à une heure raisonnable et permettre à chacune de retrouver sa vie familiale sans épuisement.

Entre émancipation et débat sociétal

Si ces soirées répondent à un réel besoin de sécurité et de liberté, elles relancent aussi le débat sur la non-mixité et le vivre-ensemble. Pour leurs organisatrices, il ne s’agit pas d’exclure, mais de créer des bulles temporaires où les femmes peuvent souffler, se retrouver et exister pleinement. Un succès qui en dit long sur l’état de l’espace festif aujourd’hui et sur le chemin qu’il reste encore à parcourir pour que ces lieux soient, un jour, naturellement inclusifs pour toutes et tous.

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