La trend IA Rhode : c’est quoi cette nouvelle trend qui affole les réseaux ?

Marine Lopes
Marine Lopes

Passionnée par la culture, je suis toujours à l'affût de ce qui fait vibrer notre quotidien. J'aime mettre en lumière ce qui mérite d’être vu, compris ou retenu.

Peau glowy, combi rose et casque signé Rhode : les “Rhode girls” envahissent les réseaux. Mais ces clichés ultra-viraux ne sont pas le fruit d’une campagne officielle, derrière l’esthétique parfait se cache une trend générée par intelligence artificielle.

Toutes les influenceuses de la planète auraient-elles été embauchées par Rhode ? Pendant quelques heures, le doute était là. Les mêmes poses, les mêmes tenues, la même lumière parfaite : ces images virales donnaient l’illusion d’une campagne internationale orchestrée par Hailey Bieber. Mais très vite, une question s’est posée : est-ce réel ? Sans que Rhode n’ait pourtant communiqué quoi que ce soit, les créatrices de contenu du monde entier se sont affichées en ambassadrices idéales de la marque de skincare. Mais ces images n’ont pas été shootées, mais générées par intelligence artificielle.

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Une illusion qui affole les réseaux 

Peau glowy, combinaison rose bonbon, casque floqué du logo Rhode, depuis quelques jours, Instagram est saturé d’images de créatrices de contenu affichant l’esthétique parfaite de ce qu’on a rapidement surnommé les “Rhode girls”. Mais derrière cette illusion se cache une vérité : ces clichés viraux ne proviennent pas d’un shooting officiel ni d’une activation marketing pensée par la marque. Ils ont été générés par intelligence artificielle, via des applications comme Glam App ou MiuIA.

À première vue, ces images paraissent crédibles. Les traits sont réalistes, le grain de peau est fin, les reflets sur le casque parfaitement reproduits. Pourtant, certains détails trahissent l’IA : la typographie du logo change, certaines lettres passent de majuscule à minuscule, et la police divague. La perfection est là… mais l’authenticité n’y est pas.

Au-delà de l’illusion visuelle, cette tendance soulève des questions sur la capacité de l’IA à produire des contenus ultra-réalistes qui brouillent totalement la frontière entre le réel et le virtuel. "Aujourd’hui, il est difficile de savoir si une photo est authentique ou générée par une IA. Les outils sont tellement perfectionnés qu’ils rendent n’importe qui capable de créer une image plausible", explique Martin Bekker, Computational Social Scientist à l’Université de Witwatersrand. Le but n’est plus de se démarquer, mais de s’aligner sur un idéal collectif. Une logique qui menace à la fois la créativité individuelle et le travail des professionnels de l’image.

Une IA aussi bluffante qu’inquiétante

L’IA est aujourd’hui capable de recréer en quelques clics ce qui aurait nécessité des jours de préparation et une équipe complète : DA, photographe, styliste, maquilleur, assistants, production… "En un clic, on génère l’équivalent de tout un travail collectif", souligne Athénaïs Andreau, fondatrice du bureau de création Good Looking. La rapidité et la simplicité de ces outils rendent le phénomène accessible à tous, mais au prix d’une uniformisation massive et d’une banalisation du travail créatif.

Certains détails échappent à l’IA : erreurs de logotype, proportions légèrement déformées ou incohérences de lumière. Et derrière ces images se cache un coût environnemental conséquent : les data centers qui les produisent consomment énormément d’énergie et d’eau. En 2023, ils représentaient 1,5 % de la consommation mondiale d’électricité, un chiffre qui pourrait être multiplié par dix d’ici 2030 selon l’Agence internationale de l’énergie.

Ainsi, devenir une “Rhode girl” n’est pas sans conséquence. L’illusion visuelle est séduisante, mais elle efface le travail humain et génère une uniformisation esthétique qui peut faire disparaître la singularité de chaque créatrice. L’IA fascine par sa puissance, mais inquiète par sa capacité à normaliser et standardiser la beauté.

Rhode, une campagne qu’elle n’a jamais lancée

L’ironie de la trend Rhode est que la marque bénéficie d’une campagne mondiale qu’elle n’a jamais orchestrée. Aucune communication officielle, aucun partenariat, et pourtant, les publications virales reproduisent fidèlement les codes visuels de Rhode : rose poudré comme ligne directrice, stylisme simple mais efficace, identité visuelle immédiatement reconnaissable. Cette exposition gratuite et massive met en lumière une nouvelle dynamique : l’image d’une marque peut désormais circuler, être appropriée et réinterprétée. Les contenus viraux créent l’illusion d’une campagne orchestrée, alors qu’aucun professionnel de Rhode n’a été impliqué.

"Au début, je me suis dit que c’était très malin : une créatrice qui avait monté un faux shooting pour promouvoir Rhode. Puis j’ai vu que le même style apparaissait sur d’autres comptes. C’est là que j’ai compris que tout était généré par IA", raconte Athénaïs Andreau. Ce phénomène démontre que l’IA permet aujourd’hui de simuler un univers de marque entier en quelques clics, bouleversant le rôle traditionnel de la créativité humaine et de la photographie professionnelle.

Répondre à l’IA par le réel 

Face à cette uniformisation numérique, certaines créatrices choisissent de reprendre le contrôle en revenant à la réalité. C’est le cas de Mélissa Zeddam, alias MiMi Zddm, qui a décidé de reproduire la tendance Rhode mais en vrai. Au lieu de se contenter d’un clic sur une application, elle a organisé un véritable shooting : 5 personnes sur le set, 2h30 de prises de vue, un budget compris entre 1 000 et 1 500 euros. "Ce que l’IA ne pourra jamais remplacer, c’est l’humain. Tu crées des affinités, tu vis un moment unique, tu racontes une histoire", explique Mélissa. Son projet montre que l’on peut s’approprier une tendance virale tout en valorisant le travail des professionnels et en célébrant l’authenticité.

Au-delà de l’aspect créatif, Mélissa souhaite alerter sur les standards de beauté imposés par l’IA. "L’IA te rend belle, mais te rend lisse.Lors d’un shooting, tu vas prendre encore plus confiance parce que tu es devant l’objectif, on te met en avant, c’est toi qui pose. Ça apporte bien plus de créer un vrai shooting, de vivre le moment, et de créer son propre univers". Sur ses photos, la peau vit, les cheveux bougent, le regard pétille : rien n’est figé, rien n’est parfait et c’est précisément ce qui les rend belles.

En remplaçant le logo Rhode par Dior, sans contrat ni rémunération, Mélissa revendique une image choisie et consciente, loin des standards algorithmiques. Son message est clair : derrière chaque image, il y a un humain, un savoir-faire et une histoire à raconter. Et c’est ce qui distingue le réel de l’illusion générée par IA. La trend IA Rhode fascine, amuse et inquiète. Elle montre à quel point il est facile de créer une identité visuelle virale en quelques clics. Mais elle rappelle aussi l’importance de préserver l’authenticité, de valoriser le travail humain et de ne pas laisser l’IA dicter ce que nous devrions être ou comment nous devrions apparaître.

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