Ils sont quatre, viennent de la banlieue parisienne et représentent les nouveaux visages du design français. Teddy Sanches, Sammy Bernoussi, Abdoulaye Niang et Zakari Boukhari incarnent une génération qui refuse les barrières et déborde d’inspiration. En 2020, ce collectif a franchi le pas en fondant son propre studio, bien décidé à redéfinir le design moderne à leur image.
L’alliance du "Hall" et de la "Haus"
Le nom choisi au collectif n’est pas anodin. En nommant leur studio Hall Haus, ils scellent la rencontre entre deux univers que tout semblait opposer jusqu’alors. D'un côté, le "Hall", qui fait référence au Hall d’immeuble, ce lieu de passage et de rencontre au cœur des grands ensembles d’habitations. Symbole fort de la vie sociale en banlieue. De l'autre, la "Haus", référence directe au Bauhaus, l'école allemande qui a révolutionné l’histoire du design moderne au XXe siècle. Leur idée, est de "faire des allers-retours entre ces deux mondes". Ils marchent avec trois champs d’action : "objet, transparence et transmission" explique le collectif sur leur compte Instagram.
Inspiration venue d’ailleurs
En cinq ans seulement, certaines de leur créations sont déjà devenues incontournables. Une de leurs pièces emblématiques, est le fauteuil "Curry Mango", une pièce hybride à la croisée de la chaise de camping Quechua, et le fauteuil "Wassily" de Marcel Breuer. Une manière pour eux de réinventer une icône du design, en la mêlant à la référence populaire qu’est la chaise de camping, qui parle à tous. Parmi leurs œuvres les plus représentatives, il y a également la chaise "DKR" fabriquée à Dakar. Elle porte son nom en raison de son clin d’œil à la chaise à Palabre, un meuble traditionnel d’Afrique de l’Ouest. Cette initiative crée un pont clair entre l’héritage africain et le design moderne.
Vers un design moderne engagé
Leur engagement ne s'arrête pas là, car il s’inscrit dans les débats autour de l’espace public. On peut notamment citer "l’Olympic Bench", qui doit son nom aux Jeux Olympiques de Paris 2024. L’objet, conçu pendant la compétition emblématique, est un banc tout en longueur, sans accoudoirs ni séparations agressives. À travers cette pièce, le collectif adresse une critique directe au mobilier urbain hostile, largement déployé durant cette même période. Le design pensé initialement pour exclure, est réinterprété ici en un design pensé pour accueillir tout le monde.
Et cette volonté de démocratisation, nous la retrouvons également dans leur toute nouvelle collection d'objets. Leur premier produit signé Hall Haus : le Tabouret RURU Stool. Fabriqué en Île-de-France, il est proposé au prix symbolique de 190 euros. Une pièce qui découle de l’esthétique Olympic. Ils expliquent ce prix symbolique ainsi : "Le prix d’une paire de sneakers. C’est ce qu’on a payé pour notre premier objet design à l’époque". En acier peint d’une peinture époxy ultra-résistante, et décliné en six coloris cet objet incarne ainsi un luxe accessible. Finalement, ils ne créent pas seulement des objets, ils ouvrent une porte à tous ceux qui pensaient que le design leur était interdit. Ils créent un design qui touche, qui parle et qui rassemble.