Longtemps au cœur de discussions passionnées sur les forums, puis devenues l’objet de nombreuses vidéos YouTube et de threads Reddit, les Backrooms ont façonné une forme de peur diffuse et contemporaine, nourrie par l’esthétique du vide et l’angoisse de l’inconnu. Ce mythe collaboratif, né sur Internet, s’est progressivement imposé comme une référence incontournable de la culture creepypasta. Mais d’où viennent réellement les Backrooms ? Et que peut-on attendre de leur passage sur grand écran, dans une adaptation dirigée par Kane Parsons, le créateur qui a largement contribué à populariser cet univers auprès d’une nouvelle génération ?
Un mythe d’Internet envahit les salles obscures
Avant de devenir un film très attendu le 29 mai 2026, Backrooms puise ses racines dans un phénomène à la fois ancien et résolument moderne : le mythe des Backrooms, né sur Internet. Apparue pour la première fois dans un fil de discussion sur 4chan en 2019, cette légende s’est construite à partir d’une simple photo montrant une pièce vide aux murs jaunâtres et à l’éclairage minimaliste, une image qui suscitait chez de nombreux internautes une sensation d’étrangeté inexplicable. À partir de là, les utilisateurs ont développé l’idée d’un espace "extradimensionnel infini", où l’on se retrouve piégé en "noclippant" hors de la réalité. Ce concept a rapidement été repris et enrichi par une multitude d’histoires, de creepypastas et de récits partagés en ligne. En quelques mois seulement, les Backrooms ont marqué une génération entière, fascinée par cette nouvelle légende d’Internet.
Des forums à Hollywood : la saga des Backrooms devient un long métrage
Au fil des années, ce mythe s’est étendu sur Reddit, TikTok et YouTube, donnant naissance à une esthétique dominantecentrée sur les "liminal spaces". Concrètement, il s’agit de lieux étranges, vides et familiers, qui suscitent une nostalgie troublante. En 2022, le vidéaste américain Kane Parsons, alias Kane Pixels, a propulsé les Backrooms encore plus loin en créant une série de courts-métrages viraux sur YouTube, cumulant des millions de vues et popularisant davantage le phénomène. C’est cette saga en ligne qui a attiré l’attention de A24, le studio indépendant devenu synonyme d’horreur audacieuse, et qui a décidé d’adapter cet univers en long métrage.
Ce que l’on sait de l’adaptation du phénomène
Intitulé simplement Backrooms, le film est réalisé par Kane Parsons, qui signe ici ses débuts en long métrage après le succès de sa propre série sur Internet. Produit en collaboration entre A24, 21 Laps Entertainment, Atomic Monster et Chernin Entertainment, le projet promet un mélange de science-fiction et d’horreur, tout en restant fidèle à la légende d’Internet. Le synopsis officiel dévoile qu’une thérapeute doit pénétrer dans une dimension inconnue pour retrouver un patient disparu, plongeant ainsi le spectateur dans le labyrinthe des Backrooms. Au casting, on retrouve des noms tels que Chiwetel Ejiofor et Renate Reinsve.
Backrooms au cinéma : entre excitation et scepticisme des fans
Comme on pouvait s’y attendre, la réception de ce passage du mythe au cinéma est assez partagée : certains fans saluent l’idée de découvrir enfin une version immersive de l’univers qu’ils suivent depuis des années, surtout avec un réalisateur issu directement de la communauté qui l’a créé. À l’inverse, d’autres restent sceptiques, craignant que le film ne perde ce qui fait le charme de l’expérience originale : son mystère diffus et interactif. Quoi qu’il en soit, l’annonce de la date de sortie et la diffusion du premier visuel ont suffi à relancer l’enthousiasme, preuve que l’attente est bien réelle pour ce projet né sur Internet.