Vincent (Damien Bonnard) fait partie de l’équipe de nuit. Animé par l’espoir d’offrir une vie meilleure à sa famille, il se dévoue corps et âme à un chantier où les conditions de travail sont extrêmes. Air irrespirable, absence d’électricité et disparition inexpliquée de ses collègues : chaque nuit, l’équipe doit faire face à ces épreuves. Lorsque Ousmane, un intérimaire dont l'existence importe peu à leur hiérarchie, disparaît, Vincent et ses collègues cherchent des réponses. Ils découvrent vite que les plus hauts placés sont prêts à tout pour étouffer la vérité, révélant les dérives d’un capitalisme poussé à son paroxysme.
Entre suspens et tension psychologique
La mise en scène d’Akihiro Hata s’appuie sur une atmosphère progressive de tension. Le réalisateur privilégie les espaces clos, les éclairages réduits et les silences pour installer un climat d’inquiétude durable. Le chantier, pensé comme un lieu ultra-moderne et sécurisé, devient un espace oppressant où les ouvriers évoluent dans une forme d’isolement constant. À travers ce dispositif, le film observe les conditions humaines et sociales de ces travailleurs, confrontés à la fatigue, à l’incertitude et à l’absence de réponses. Le contraste entre l’image d’un projet tourné vers l’avenir et la réalité quotidienne des ouvriers souligne les tensions entre progrès technologique, organisation du travail et place accordée aux travailleurs.
Akihiro Hata signe son premier long métrage
Après une série de courts et moyens métrages remarqués en festivals, Akihiro Hata sort son premier long métrage au cinéma ! Né à Hyōgo, au Japon, et installé en France depuis 2003, il a étudié le cinéma à l’Université Paris 1 Panthéon‑Sorbonne puis à La Fémis. Parmi ses précédentes réalisations figurent Les Invisibles (2015), À la chasse (2016) et le documentaire Le Corps solitaire (2018). Avec Grand Ciel, Akihiro Hata s’impose comme un réalisateur capable de mêler réflexion sociale et thriller , offrant un premier long métrage à la fois déroutant et profondément humain. Une plongée dans l’ombre de nos sociétés modernes, où progrès et exploitation se côtoient sans compromis. Son cinéma se concentre sur le quotidien des individus en marge, explorant souvent la précarité et l’isolement. Damien Bonnard explique au micro d'@Ici les coulisses du tournage aux côtés d'Akihiro Hata :