Chaque année, le Super Bowl dépasse largement le cadre du sport. L’événement est devenu un rendez-vous culturel mondial, suivi autant pour le match que pour la musique. Hymnes, cérémonies et mi-temps y prennent une dimension symbolique forte. Cette édition a particulièrement marqué par ses choix artistiques engagés. Entre revendications politiques et messages d’inclusion, la scène a parlé.
Le Super Bowl, un spectacle global
Le Super Bowl opposait cette année deux équipes emblématiques de la NFL, les Seahawks d'un côté et de l'autres les Patriots, portées par des quarterbacks très attendus. Sur le terrain, les stars offensives se sont affrontées dans un match intense, suivi par des millions de spectateurs à travers le monde. Mais comme souvent, le sport a partagé la vedette avec le show. Le Super Bowl est devenu une scène où se mêlent compétition, divertissement et prise de position culturelle. La musique y joue un rôle central, transformant l’événement en véritable vitrine de l’Amérique contemporaine.
Green Day donne le ton dès l’ouverture
Pour ouvrir la cérémonie, la NFL a fait appel à Green Day, groupe punk rock mythique formé en Californie dans les années 1990. Connus pour leur énergie brute et leurs textes contestataires, Billie Joe Armstrong et ses musiciens incarnent depuis toujours une forme de rébellion politique. Leur présence n’était pas anodine dans un climat social et politique tendu. Le groupe s’est imposé comme un choix évident pour lancer la soirée avec force. Green Day n’a jamais caché son aversion pour Donald Trump, critiquant régulièrement ses idées et sa vision de l’Amérique. Cette performance d’ouverture a rappelé que le punk reste une musique de protestation, capable de faire passer des messages sur l’une des plus grandes scènes du monde.
Brandi Carlile et Coco Jones, entre histoire et mémoire
Brandi Carlile est l’une des voix les plus respectées de la scène folk américaine actuelle. Récompensée par plusieurs Grammy Awards, elle s’est distinguée par son engagement artistique et humain. En interprétant America The Beautiful, elle a offert une vision alternative du patriotisme américain. Écrite à la fin du XIXᵉ siècle, cette chanson célèbre une Amérique idéalisée, fondée sur la beauté, la diversité et l’unité. Son interprétation a résonné comme un appel à l’apaisement dans un pays divisé. Coco Jones a ensuite pris la scène pour interpréter Lift Every Voice and Sing. Actrice et chanteuse révélée très jeune, elle s’est imposée ces dernières années comme une artiste incontournable. Ce n’était pas sa première apparition au Super Bowl, signe de la reconnaissance de son talent. Cette chanson, souvent considérée comme l’hymne afro-américain, est profondément liée à l’histoire des luttes pour les droits civiques. La chanter durant le Black History Month revêt une importance particulière, rappelant la mémoire, la résilience et la contribution essentielle de la communauté noire à l’histoire américaine.
Charli Puth face à l’épreuve de l’hymne
Charli Puth a eu la lourde tâche d’interpréter l’hymne national américain, un moment toujours scruté avec attention. Auteur-compositeur et star internationale de la pop, il est connu pour ses nombreux succès et son sens de la mélodie. Pourtant, sa performance était attendue avec une certaine appréhension. Aux États-Unis, l’hymne national est un exercice périlleux, où la moindre erreur peut être sévèrement jugée. Certains Américains considèrent que Charli Puth n’est pas un grand chanteur en live. L’histoire récente rappelle que des artistes comme Fergie ont vu leur carrière fragilisée après une interprétation ratée de l’hymne, au point d’être marginalisés par l’industrie.
Bad Bunny et une mi-temps historique
La mi-temps orchestrée par Bad Bunny restera comme l’un des moments forts de la soirée. La superstar portoricaine a transformé le Super Bowl en une célébration de la culture latino. En invitant Pedro Pascal, Young Miko, Cardi B, Karol G et Jessica Alba, il a mis en lumière des figures majeures issues de la communauté latino-américaine. Cette représentation massive est rare sur une scène aussi symbolique. Le plus surprenant a été de voir apparaitre Lady Gaga interprété, lors d’un vrai mariage, une version salsa latino de Die With a Smile, tandis que Ricky Martin a interprété Lo Que Pasó en Hawái. Cette chanson, très critique envers la politique des États-Unis à Porto Rico, portait un message fort. La présence de Ricky Martin, artiste ouvertement homosexuel, était également un geste puissant envers la communauté LGBT. Bad Bunny a conclu son show par un message simple et universel : “la chose la plus puissante que la haine, c’est l’amour”. Une phrase devenue virale et emblématique de cette mi-temps engagée.