Les soldes d'hiver 2026 ont démarré le 7 janvier dans un climat morose pour les commerçants français, malgré des rabais allant jusqu'à –70% affichés en vitrine. Une semaine après le lancement, les magasins physiques font état de files d'attente désertées et d'une baisse significative du chiffre d'affaires.
Chiffres alarmants du démarrage
Le panel Retail de l'Alliance du commerce rapporte une chute de 6,2% des ventes par rapport à 2025 sur la première semaine, avec une fréquentation en magasin en recul de 8,8%. La Fédération nationale de l'habillement (FNH) confirme une baisse de 6% du chiffre d'affaires, tant en physique qu'en ligne chez les indépendants. Les centres commerciaux comme Beaugrenelle à Paris décrivent un « désert de Gobi », avec le pire démarrage observé par certains responsables depuis des années. Les ventes en ligne progressent toutefois de 4,5%, indiquant un report des achats vers le numérique.
Coupables climatiques et calendaires
Les conditions climatiques comme les chutes de neige ont compliqué les déplacements, freinant la venue des clients dans les centres-villes et zones commerciales. Au-delà de la météo, le calendrier des soldes d'hiver, trop précoce en pleine saison froide, oblige à brader manteaux et doudounes alors qu'ils se vendent au juste prix. Les fédérations comme la FNH et la CDF plaident pour un décalage des soldes afin de décorréler promotions et grands froids, permettant un meilleur déstockage en fin de saison.
Promotions permanentes et essor du e-commerce
Les Français boudent les soldes traditionnels au profit de promotions continues : Black Friday, ventes privées et sites low-cost comme Shein ou la seconde main, qui captent l'intérêt toute l'année. Un sondage Joko révèle que 67% des intentionnels ne prévoient aucun achat, signe d'un « brouillage des prix » depuis quinze ans. L'ultra-fast-fashion et les remises en ligne représentent près de 30% des ventes vestimentaires, diluant l'attractivité des soldes.
Prudence budgétaire des ménages
L'instabilité politique, les incertitudes fiscales et les plans sociaux poussent à l'épargne plutôt qu'à la consommation impulsive. Mathieu Plane de l'OFCE pointe cette « prudence des ménages » comme facteur clé de la morosité. Malgré des paniers moyens parfois en hausse, la baisse de fréquentation persiste, fragilisant un secteur déjà éprouvé par les fêtes de fin d'année décevantes. Les soldes perdent leur magie, relégués à un bruit de fond promotionnel.