Dans un monde où les prix ne cessent d’augmenter, les premiers touchés sont souvent les mêmes : les étudiants. Sans revenus stables, ils doivent jongler entre loyers, factures et frais de scolarité, tout en essayant de garder une alimentation correcte. Mais quand le budget devient trop serré, c’est souvent la nourriture qui passe à la trappe. Et face à cette réalité, certains n’ont pas d’autre choix que de sauter un repas, voire deux, pour réussir à tenir jusqu’à la fin du mois. À force de faire des choix drastiques, la vie étudiante se transforme en une course permanente contre la précarité. Le constat est brutal : quand on n’a pas assez pour manger, on n’a pas non plus assez pour vivre.
Une réforme pour réduire les inégalités
Le repas à 1€ est une proposition du Crous : chaque étudiant ayant droit à une bourse de cet organisme bénéficie également de ce tarif. Problème : le droit au Crous est calculé à partir des revenus du foyer parental. Si ces derniers dépassent le seuil, la bourse n’est pas attribuée. Pour les étudiants non-boursiers, le repas est facturé 3,30€. Une situation jugée injuste par beaucoup, car dépasser le seuil fixé par le Crous ne veut pas dire être riche. En réalité, une grande part d’entre eux (environ 2/3) sont soit en apprentissage, soit inscrits dans des établissements non reconnus, ce qui les place dans une situation de précarité. Jusqu’à aujourd’hui, à cause de ces critères stricts, seuls 35% des étudiants avaient accès à la bourse et au repas à 1€, soit 662 000 sur plus de 3 000 000.
Un soulagement nécessaire
Bien que cette réforme n’offre pas pour autant l’accès à la bourse à ceux qui n’en bénéficient pas, la possibilité de prendre un repas à 1€ reste une bonne nouvelle pour ces étudiants en difficulté. Depuis la crise du Covid-19 et l’inflation, leur pouvoir d’achat a considérablement diminué. En moyenne, un étudiant doit débourser une cinquantaine d’euros supplémentaires chaque mois pour compenser cette hausse du coût de la vie, soit presque 600€ par an. Et le secteur qui a le plus augmenté, c’est l’alimentation, avec une hausse de 14,3% selon La Gazette France. Concrètement, 61% des étudiants reconnaissent avoir des difficultés à se nourrir. À cela s’ajoutent le loyer, qui s’élève en moyenne à 570€ par mois, ainsi que les autres charges comme l’électricité et les transports, eux aussi en augmentation. Par conséquent, entre loyer, factures, alimentation et transports, des milliers d’étudiants ne s’en sortent pas. Et même si les aides et les bourses sont revalorisées, elles ne suivent pas l’inflation. Un repas à 1€ au lieu de 3,30€ peut sembler symbolique, mais il reste trois fois moins cher qu’avant. À noter que ce geste annoncé par le Premier ministre sera effectif à partir de mai 2026.