Paris ne cesse de se colorer et devient une galerie d’art à ciel ouvert avec le Pont-Neuf enveloppé et changé en caverne, et le sol du Trocadéro peint en porte-avions par Crey132. C’est au tour du Palais-Bourbon de se revêtir de nouvelles couleurs en accueillant une œuvre contemporaine sur ses colonnes. Et cette fois, c’est Seth qui s’est occupé du monument et a posé sa Marianne. Cette nouvelle installation marque la série d'œuvres éphémères qui ont récemment investi l'espace public parisien.
"Marianne rêve" débarque sur le Palais-Bourbon
Depuis le 16 juin et jusqu'au 28 septembre 2026, les colonnes du Palais-Bourbon se sont décorées avec l'œuvre “Marianne rêve” de l'artiste urbain Seth. Visible depuis la Concorde, cette œuvre éphémère sur les douze colonnes est impossible à rater avec les couleurs bleues, blanches et rouges. Au milieu, une enfant coiffée d’un bonnet phrygien émergeant d’une cocarde veille sur l’horizon et sur l'hémicycle. Cette utilisation du symbole de Marianne comme une enfant lui donne une nouvelle dimension comparée à la figure héroïque donnée à l'origine. 23 ans après les “Mariannes d’aujourd’hui” et les quatorze portraits de femmes, c'est au tour de “Marianne rêve” d'investir l'Assemblée nationale. L'enfant tournée vers l’hémicycle, semble demander en ces temps remplis de doute, d’agir pour les enfants, le futur du pays.
Seth : figure du street art
Qui est-il ? Seth, de son vrai nom Julien Malland, est né à Paris en 1972 et diplômé de l'École nationale supérieure des Arts décoratifs. Sa nouvelle installation sur le Palais-Bourbon n’est pas son premier coup d’essai. Avec ses fresques et ses “enfants voyageurs”, il est devenu une figure du street art français. Ses fresques peintes sur les murs du monde entier représentent souvent des enfants, ou mettent en lumière l’imaginaire que ce soit en Corée, en Palestine, au Pérou, à Grenoble… À Paris, ses traces sont déjà nombreuses. Même si ses dessins ont un côté naïf et innocent, ils véhiculent des messages. Il a apporté son soutien à l’Ukraine, rue Buot, avec une petite fille tenant le drapeau du pays et marchant sur des chars, un dessin qui avait été repris et qui avait fait le tour de la Terre. Plus récemment, en 2025, il dévoile une fresque d’enfants escaladant un immeuble de Belleville. Ces quatres enfants, tous différents, forment une tour, permettant au dernier de voir au-dessus de l’immeuble, un message d’union et de savoir-vivre ensemble. Aujourd’hui, avec la “Marianne rêve”, son art entre dans une nouvelle sphère, prouvant que le street-art peut se trouver là où on s'y attend le moins.