Ce samedi 13 décembre, le nouveau téléphérique francilien (C1) reliant les villes de Créteil et Villeneuve-Saint-Georges (94) est inauguré. Pensé pour relier plusieurs villes au terminus de la ligne de métro 8, ce nouveau mode de transport s’étend sur près de 4,5 kilomètres et traverse au total cinq stations différentes. Depuis l’annonce de sa création, le C1 soulève plusieurs questions, notamment vis à vis de la sécurité de ses utilisatrices. De nombreuses femmes s’inquiètent du risque d’agression et d’agression sexuelle couru dans un espace clos, suspendu à plusieurs mètres du sol. En cas de problème, aucun moyen de se déplacer ou de sortir, il faut attendre la prochaine station.
Les mesures prises par Île de France mobilités
Suite à la peur que suscite le nouveau téléphérique, Île de France mobilités se veut rassurant. L’opérateur du C1 annonce que chaque cabine sera "équipée de caméras permettant une surveillance en temps réel". Un interphone installé en cabine sert également à "alerter les opérateurs". Présidente du conseil régional d’Île de France, Valérie Pecresse annonce aux usagères lors de l’inauguration que les cabines sont sécurisées. Interrogée sur le sujet, elle assure "qu’il n’y aura pas de frotteurs dans les cabines du câble, puisqu’on est forcément assis". L’ancienne ministre somme "tout prédateur souhaitant s’attaquer à une femme" de ne "surtout pas venir dans le Câble 1 parce qu’il n’a aucune chance de s’en sortir". Cette dernière sera ensuite reprise par un journaliste disant de "ne surtout pas le faire de manière générale".
Les violences dans les transports en commun
Ces mesures seront-elles suffisantes pour garantir la sécurité des voyageuses ? Les principales intéressées en doutent. En 2024, 91% des victimes de violences sexistes ou de violences sexuelles (VSS) dans les transports sont des femmes. Elles sont particulièrement représentées en Île de France, où 7 femmes sur 10 déclarent avoir été victimes de ces agressions. Ce chiffre est d’ailleurs en hausse de 6% par rapport à 2023, et de 9% par rapport à 2022. Face à l’inquiétude des passagères du C1, la députée La France Insoumise (LFI) Nadège Abomangoli a notamment proposé d’instaurer des cabines non mixtes sur le téléphérique. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que la création de rames ou de voitures en non mixité est amenée dans le débat public. Ces derniers existent d’ailleurs déjà dans plusieurs villes, comme Le Caire ou Tokyo.