Quand le cinéma d’auteur français rencontre l’adrénaline de la Fashion Week parisienne, le résultat ne peut qu’attiser la curiosité. Avec "Coutures", Alice Winocour signe l’un des films les plus attendus de 2026, une œuvre à la croisée de la mode, de l’intime et du politique. Porté par une Angelina Jolie bouleversante, le long métrage plonge dans les coulisses d’un Paris en ébullition, là où les silhouettes défilent aussi vite que les existences se fragilisent. Présenté dans plusieurs festivals internationaux, dont San Sebastian, Coutures s’annonce comme un drame sensoriel et profondément humain. Pour la première fois, la maison Chanel a ouvert ses ateliers à une fiction, offrant un accès inédit à l’envers du décor de la haute couture. Mais derrière le glamour et la précision millimétrée des défilés, le film s’attache surtout à ce qui se joue hors champ : les failles, les corps, les choix impossibles. À travers le destin croisé de trois femmes, Alice Winocour poursuit son obsession cinématographique pour les trajectoires féminines et la résilience. Après Proxima et Revoir Paris, elle compose ici un récit choral où la mode devient un miroir brutal de nos vulnérabilités. Une œuvre ambitieuse, incarnée par un casting international, qui résonne déjà comme un manifeste sensible au cœur de la Fashion Week.
Une immersion inédite dans la Fashion Week parisienne
Paris n’est pas un simple décor dans Coutures : la ville est un organisme vivant, vibrant au rythme des défilés, des essayages et des urgences de dernière minute. Alice Winocour filme la Fashion Week comme un tourbillon, captant la tension nerveuse des coulisses et l’élégance presque irréelle des podiums. La caméra se faufile entre les mannequins, les maquilleuses et les créateurs, révélant un univers aussi fascinant qu’impitoyable. L’événement mode devient le théâtre d’un récit profondément humain. Maxine Walker, réalisatrice américaine incarnée par Angelina Jolie, débarque à Paris pour un projet artistique lié à la Fashion Week. Observatrice étrangère de ce monde codifié, elle en perçoit immédiatement la beauté, mais aussi la violence silencieuse. La mode, ici, n’est jamais idéalisée : elle est montrée comme une industrie où l’excellence côtoie l’épuisement. Moment historique pour le cinéma, Chanel ouvre pour la première fois les portes de ses ateliers à une fiction. Ce choix confère au film une authenticité rare et une puissance visuelle saisissante. Les gestes des petites mains, la précision des coutures et le secret des créations deviennent autant de métaphores du film lui-même : un travail d’orfèvre, patient et profondément incarné.
Angelina Jolie, un rôle miroir et bouleversant
Dans Coutures, Angelina Jolie livre l’une de ses performances les plus intimes. Elle incarne Maxine, une femme au sommet de sa carrière, rattrapée par une annonce qui bouleverse tout : un diagnostic de cancer du sein. Un rôle qui fait écho à son propre combat, elle qui a révélé publiquement avoir subi une mastectomie préventive, et récemment exposé les cicatrices de son corps dans Time France. Pour la première fois, l’actrice joue en grande partie en français, avec une sobriété et une retenue qui renforcent la puissance émotionnelle du personnage. Maxine n’est pas une héroïne flamboyante, mais une femme en déséquilibre, tentant de maintenir une façade professionnelle tandis que son intimité vacille. Face à elle, Louis Garrel et Vincent Lindon apportent une gravité et une justesse typiquement françaises. Ce rôle marque aussi une étape symbolique dans la carrière d’Angelina Jolie. Un an après Maria, elle choisit ici un projet d’auteur exigeant, loin des blockbusters, pour explorer la vulnérabilité féminine sans fard. Une interprétation qui s’inscrit dans la lignée des grands portraits de femmes du cinéma contemporain.
Trois femmes, une solidarité silencieuse
Au-delà de Maxine, Coutures est avant tout le portrait croisé de trois femmes que tout semble opposer. Ada, jeune mannequin sud-soudanaise incarnée par Anyier Anei, tente de se faire une place dans un milieu qui la désire autant qu’il l’exploite. Angèle, maquilleuse française interprétée par Ella Rumpf, rêve d’une autre vie, loin des paillettes et des compromis quotidiens. Le génie du film réside dans la façon dont Alice Winocour tisse ces trajectoires sans jamais forcer la rencontre. Entre elles naît une solidarité discrète, presque invisible, faite de regards, de silences et de gestes minuscules. Sous le vernis glamour, se révèle une forme de révolte douce : celle de femmes qui refusent de se laisser définir uniquement par ce que le monde attend d’elles. En filigrane, Couture parle de reconstruction. Comme des pièces de tissu que l’on assemble, chaque personnage recoud les fragments de sa propre histoire. Un film profondément féministe sans jamais être démonstratif, qui interroge la responsabilité, le corps et le choix. Attendu en salles le 18 février 2026, Coutures s’impose déjà comme l’un des rendez-vous cinéma incontournables de l’année, au croisement de la mode, du vécu et de l’émotion brute.