Bertille, la plus jeune des deux sœurs de la famille Roussier, est lourdement handicapée et vit avec un diagnostic longtemps incertain. Sa présence bouleverse la vie de chacun : ses parents, Madeleine et Gilles, et sa sœur aînée, Marion, doivent composer avec un quotidien où l’incertitude est permanente et où chaque instant devient précieux. C’est ce quotidien complexe et touchant que Joséphine Japy choisit de raconter dans "Qui brille au combat”, son premier film en tant que réalisatrice, inspiré de sa propre histoire familiale.
Une autofiction bouleversante
Le film explore la manière dont une famille s’organise autour d’un enfant fragile :
- Marion, l’adolescente aînée, doit apprendre à trouver sa place entre amour pour sa sœur et désir d’émancipation.
- Les parents vivent dans un équilibre fragile, toujours attentifs aux besoins et à la sécurité de Bertille.
Le récit prend un tournant lorsque la famille reçoit un nouveau diagnostic : le syndrome de Phelan-McDermid. Ce moment change la perspective, apportant un nouvel horizon, tout en ne modifiant pas le quotidien des soins intensifs. Pour Joséphine Japy, ce fut le déclic pour transformer ce vécu intime en un film universel, mêlant émotion, vérité et pudeur.
Un casting d’exception
Pour incarner Bertille, Joséphine Japy a choisi Sarah Pachoud, actrice issue du cirque et cascadeuse, dont le rapport au corps rend le rôle extrêmement crédible. À ses côtés :
- Angelina Woreth
- Pierre-Yves Cardinal
- Mélanie Laurent
Chaque acteur contribue à créer une cellule familiale crédible et attachante. L’alchimie entre les comédiens et la direction de Japy permet de rendre le quotidien du handicap à la fois vrai, poignant et lumineux.
Un film profondément personnel mais universel
"Qui brille au combat” est né d’une expérience vécue pendant 25 ans dans l’attente d’un diagnostic pour Bertille. Joséphine Japy explique que tourner ce film a été une manière de reprendre le contrôle sur son histoire, mais aussi de donner voix à toutes les familles confrontées au handicap.
Le film aborde des thèmes universels :
- La culpabilité des frères et sœurs, confrontés à la maladie.
- La nécessité d’apprendre à vivre avec l’incertitude.
- La force des liens familiaux face à l’adversité.
Japy confie que son enfance a été marquée par le sentiment d’impuissance, mais aussi par la richesse de l’apprentissage du non-verbal et du langage du silence, qu’elle a ensuite pu réinvestir dans sa carrière de comédienne et dans son film.
Lumière et résilience
Avec “Qui brille au combat”, Joséphine Japy signe un premier film d’une maturité et d’une sensibilité remarquables. Poignant, intime et profondément humain, le long-métrage montre qu’il est possible de filmer le handicap avec respect, pudeur et beauté. La famille Roussier devient le miroir d’une réalité souvent invisible : celle des proches d’enfants vulnérables. Mais surtout, le film est un hymne à la vie, à la résilience et à la tendresse. Une œuvre à voir, à ressentir, et à partager.