Le cinéma québécois a accueilli le 13 février 2026 une œuvre remarquable avec Montréal, ma belle. Ce drame réalisé par Xiaodan He, explore avec délicatesse l’éveil intime d’une femme en pleine crise de la cinquantaine. À travers le portrait de Feng Xia, une immigrante chinoise longtemps soumise aux normes familiales et culturelles, le film raconte une quête de soi bouleversante, marquée par la rencontre d’une jeune femme québécoise et la confrontation entre tradition et liberté individuelle dans une métropole vibrante.
Un voyage intérieur vers l’émancipation
Dans Montréal, ma belle, Feng Xia, mère de famille et immigrante chinoise de 53 ans, vit depuis des décennies dans un silence intérieur dicté par sa culture, sa famille et un mariage marqué par le non-dit. Son quotidien à Montréal, ville symbole d’ouverture et de pluralité, sert de toile de fond à un récit profondément humain sur la quête de soi-même. Ce film met en scène le moment charnière où Feng Xia, susceptible de représenter des millions de femmes confrontées aux traditions et attentes sociales, commence à questionner ses choix. La réalisatrice Xiaodan He, elle-même immigrée à Montréal, explore non seulement l’identité sexuelle et affective de son personnage, mais aussi la manière dont une femme peut se réinventer à l’âge où ses désirs et ses peurs se croisent de façon intense.
Une rencontre qui bouleverse
La dynamique centrale du film naît de la rencontre entre Feng Xia et Camille, une jeune Québécoise libre et insouciante. C’est cette relation qui agit comme catalyseur d’un changement intérieur. Par leur amour, Feng Xia, jusque-là bridée par ses peurs, se découvre une nouvelle profondeur émotionnelle, ainsi qu’un désir refoulé depuis longtemps. Cette histoire, bien que très personnelle, résonne comme un appel à l’authenticité. Elle pose une question universelle : jusqu’où sommes-nous prêts à aller pour vivre notre vérité, même si cela signifie rompre avec ce que nous avons été jusque-là ?
Portrait d’une femme entre deux mondes
Montréal n’est pas qu’un décor. Dans ce film, la ville agit comme un personnage à part entière : métropole multiculturelle, elle accueille et met en tension les cultures et identités. Feng Xia doit naviguer entre son héritage chinois et les possibilités que lui offre sa vie en Québec — une mise en scène du déracinement et de l’appartenance. Cette confrontation se reflète également dans le rapport qu’elle entretient avec sa famille : ses enfants, plus intégrés à la culture québécoise, incarnent une autre façon d’être au monde, tandis que ses propres racines continuent de structurer sa perception de l’amour, du désir et des obligations.
Une performance portée par Joan Chen
La présence de Joan Chen, actrice d’envergure internationale, confère au film une intensité émotionnelle saisissante. Son interprétation de Feng Xia est à la fois subtile et profonde, faisant ressentir chaque hésitation, chaque instant de doute ou de révélation avec une grande humanité. Aux côtés de Chen, Charlotte Aubin incarne Camille avec une énergie libre et lumineuse, apportant un contraste fort qui enrichit le récit. Ensemble, leurs performances donnent vie à un film qui n’est pas simplement une romance, mais une exploration sensible de l’identité et de la liberté personnelle.
Une ode à la liberté et à la reconnaissance de soi
Plus qu’un simple drame d’amour, Montréal, ma belle est une œuvre qui interroge les constructions sociales, culturelles et intimes qui influencent nos vies. Il montre comment une femme peut s’affranchir des codes imposés et retrouver une voix intérieure longtemps étouffée, offrant au spectateur une réflexion profonde sur l’acceptation, l’amour et le courage. En exposant les tensions entre tradition et modernité, entre obligations et désirs, le film résonne comme un hymne à l’émancipation et à la possibilité de se réinventer, même après des années de conformisme silencieux.