Depuis 1970, ouvrir une pochette Panini à chaque Coupe du monde, c'était un peu un rituel sacré. Des millions de fans à travers le monde trépignaient à l'idée de tomber sur la vignette rare qui manquait à leur collection. Mais cette tradition vieille de plus d'un demi-siècle est sur le point de s'éteindre. Le 7 mai dernier, la FIFA a officialisé la fin de son partenariat avec la société italienne Panini, au profit du géant américain Fanatics. Un choc chez les collectionneurs.
Panini, une histoire de famille devenue légende mondiale
Tout commence au début des années 1960 à Modène, en Italie, quand quatre frères décident de lancer une petite maison d'édition. Leur idée ? Des albums à remplir avec des vignettes autocollantes représentant des footballeurs. En 1970, lors de la Coupe du monde au Mexique, Panini décroche le contrat avec la FIFA et entre dans l'histoire. Depuis, chaque édition du Mondial s'accompagne de son album officiel, devenu bien plus qu'un simple produit : un objet culte, un souvenir d'enfance, un patrimoine culturel du football partagé de Buenos Aires à Rome en passant par Dakar.
Fanatics, le nouveau roi du merchandising sportif
Alors, qui va chausser les crampons de Panini ? Fanatics, une entreprise américaine dont le nom est déjà bien connu des fans de sport. La société, qui vend déjà des produits dérivés pour le Mondial 2026, a signé un « contrat de licence exclusif à long terme » avec la FIFA. Michael Rubin, fondateur et directeur général de Fanatics, s'est félicité de ce « jour historique » pour la société. « Le football de sélections offre les meilleures opportunités de croissance dans le domaine du sport », a-t-il déclaré. Au programme : vignettes autocollantes, cartes à collectionner, et surtout des innovations pensées pour accrocher une nouvelle génération de fans. Fanatics promet notamment des cartes incluant de vrais morceaux de maillots portés par les joueurs lors de leur premier match international : les fameux « debut patches ». Un concept déjà populaire dans l'univers des cartes NBA ou NFL, qui mise clairement sur la valeur et la rareté plutôt que sur la nostalgie. Ce changement de cap colle à la stratégie de la FIFA, qui cherche à rajeunir son image en s'associant à TikTok, YouTube et des créateurs de contenu. En 2022 déjà, Panini avait vu lui échapper son partenariat avec l'UEFA. Les albums parus pour l'Euro masculin 2024 et l'année suivante pour l'Euro féminin en Suisse portaient la marque Topps, du groupe Fanatics.
2030 : le chant du cygne de Panini
Pas de rupture brutale, cependant. Panini conserve les droits pour l'album du Mondial 2026, déjà disponible en kiosque avec 670 vignettes pour 48 équipes. Détail qui pique, une erreur notable a été relevée dans l'album Panini 2026 : la présence d'Hugo Ekitike parmi les joueurs susceptibles de disputer le Mondial 2026, alors que l'attaquant français ne participera pas à la compétition pour cause de blessure (rupture du tendon d'Achille). Le partenariat FIFA/Panini sera également toujours en vigueur pour la Coupe du monde féminine 2027 au Brésil, et enfin pour l'édition 2030, celle du centenaire, coorganisée par le Maroc, le Portugal et l'Espagne. Ce sera le chant du cygne de l'éditeur italien sur la scène mondiale. Un adieu en grande pompe, pour une marque qui aura accompagné des générations entières dans leur passion pour le foot.