À l’occasion de la journée mondiale de l’endométriose, le 28 mars, une innovation médicale mise au point et expérimentée par les Hospices Civils de Lyon, ou HCL, attire l’attention. Basée sur les ultrasons, cette technique ouvre une nouvelle voie dans la prise en charge de la maladie. Déjà considérée comme un "standard thérapeutique" depuis novembre 2025, elle s’impose comme l’une des innovations les plus prometteuses à ce jour. Avant de comprendre pourquoi cette innovation change la donne, retour sur une maladie encore trop méconnue.
Qu’est ce que l’endométriose ?
L’endométriose est une maladie gynécologique chronique qui touche environ 10 à 15 % des femmes en âge de procréer, soit près d’une femme sur dix. Concrètement, du tissu similaire à celui de l’utérus se développe en dehors de celui-ci. Résultat : des inflammations, des douleurs parfois très intenses, des règles abondantes, une fatigue lourde et dans certains cas, des difficultés à avoir un enfant.
Une maladie ancienne, longtemps sous-estimée
L’endométriose ne date pas d’hier. On retrouve déjà des descriptions de symptômes similaires dans des papyrus égyptiens datant de 1855 avant J.-C., puis dans les écrits d’Hippocrate. À l’époque, les douleurs féminines sont mal comprises, souvent attribuées à des causes psychologiques. Il faudra attendre le XIXe siècle pour que la maladie commence à être reconnue comme une pathologie à part entière. Le terme "endométriose est officiellement posé en 1927. Pourtant, malgré ces avancées, la maladie reste longtemps sous-estimée. Aujourd’hui encore, le diagnostic peut prendre plusieurs années.
Le HIFU, une alternative sans chirurgie
Face aux limites des traitements classiques, une nouvelle solution se démarque : le HIFU, ou ultrasons focalisés de haute intensité. D’abord utilisés pour traiter le cancer de la prostate, ils “permettent de cibler et détruire les lésions en quelques minutes, sans incision ni cicatrice”, explique le Pr Gil Dubernard, chef du service HCL. À Lyon, cette technique est expérimentée depuis 2015 dans le traitement de l’endométriose. Une innovation jamais vue jusqu’ici, développée par le professeur Gil Dubernard en collaboration avec l’Institut national de la santé et de la recherche médicale et la société EDAP-TMS. Pensé pour les formes les plus sévères, ce traitement s’adresse aux patientes pour lesquelles la chirurgie reste souvent la seule option. Il propose une alternative moins invasive avec un objectif clair : soulager plus vite, et plus en douceur. “Les patientes quittent l’hôpital quelques heures seulement après le traitement, avec une réduction rapide des douleurs et sans altération de leur fertilité” précise le Pr Dubernard.
Des résultats prometteurs pour les patientes
Rapide, sans opération lourde et avec une nette diminution des douleurs, le HIFU coche déjà plusieurs cases. Autre point clé : il n’a pas d’impact sur la fertilité, un enjeu majeur pour de nombreuses patientes. Déployé en routine depuis mars 2025 par les HCL, ce traitement peut déjà prendre en charge jusqu’à une centaine de patientes dès sa première année. Les résultats sont au rendez-vous : ils ont permis au HIFU d’obtenir la norme CE en mars 2025. Et la reconnaissance ne s’arrête pas là : depuis janvier 2026, l’Assurance maladie rembourse ce traitement, confirmant son efficacité et ouvrant la voie à une diffusion plus large. Une avancée qui, peu à peu, change concrètement la prise en charge de l’endométriose.