Entre tapis rouge et flashes crépitants, le Festival de Cannes aime surprendre. Mais cette année, le festival change de ton : il dérange. Présenté ce jeudi 14 mai en Séance de Minuit, Sanguine, premier long-métrage de Marion Le Corroller, s’impose déjà comme l’œuvre horrifique qui trouble la sélection. Une expérience sensorielle forte, à mi-chemin entre malaise et fascination.
Le rendez-vous incontournable du septième art
Chaque année, Cannes s’impose comme LE rendez-vous incontournable du cinéma mondial. Sur la Croisette, les projecteurs s’allument, les stars défilent, et les films prestigieux s’enchaînent entre glamour, tapis rouge et cinéma d’auteur. Un festival reconnu dans le monde entier pour son prestige et sa créativité. Mais depuis quelque temps, un autre genre commence à s’y faire une place, plus discret mais de plus en plus assumé : l’horreur. Et pas n’importe comment. Les Séances de Minuit en sont le terrain idéal. Programmées tard dans la nuit, elles sont dédiées aux films de genre et aux œuvres les plus audacieuses. Entre projections choc, expérimentation et parfois malaise, elles offrent surtout aux cinéastes une grande liberté pour repousser les limites du cinéma.
Le film qui promet de marquer les esprits
Présenté en Séance de Minuit, Sanguine suit Margot, une jeune interne confrontée à des patients atteints de symptômes inexplicables… avant que son propre corps ne commence à muter de manière inquiétante. Dès son teaser, le film annonce la couleur : ambiance tendue, tension progressive et images dérangeantes. Le spectateur est happé dans un univers hospitalier qui glisse peu à peu vers l’horreur. Entre corps qui lâchent, transformations incontrôlées et angoisse sourde, Sanguine joue sur une peur intime, celle de ne plus reconnaître son propre corps. Porté par un casting solide avec Mara Taquin, Karin Viard, Kim Higelin et Sami Outalbali, le film mêle horreur viscérale et malaise psychologique, promettant une expérience aussi dérangeante que captivante.
Quand le corps devient terrain d’horreur
Avec Sanguine, Cannes confirme son goût croissant pour le body horror, ce genre qui explore la transformation et la dégradation du corps humain. Impossible de ne pas penser à The Substance de Coralie Fargeat, où une injection promet une version “parfaite” de soi… au prix d’une métamorphose monstrueuse. Ou encore à Titane de Julia Ducournau, Palme d’or 2021, qui mêlait chair, métal et identité dans une œuvre aussi dérangeante qu’hypnotique. Une chose est sûre : Sanguine ne laissera pas Cannes indifférent.