Le Khia Asylum est devenu un mème viral sur les réseaux sociaux, surtout X, pour décrire de façon humoristique une “zone fictive” où seraient “réfugiées” des artistes pop perçues comme moins visibles ou en déclin dans leur carrière. Le terme s’appuie sur le nom de la rappeuse Khia et de l’idée d’un asile, image caricaturale de la perte de notoriété. Au fil de 2024 et début 2025, les fans ont utilisé cette formule pour parler de pop stars telles que Charli XCX ou Zara Larsson, avant même que les artistes eux-mêmes y fassent référence. Dans cet article, on décortique cette théorie, des exemples symboliques d’échappées, puis le cas particulier de Bebe Rexha et son projet Dirty Blonde.
Qu’est-ce que le “Khia Asylum” ?
Le Khia Asylum n’est pas un concept officiel de l’industrie musicale, mais une slang de stan Twitter devenue virale en 2024. Le nom est inspiré de Khia, une rappeuse américaine surtout connue pour “My Neck, My Back (Lick It)”, sortie en 2002, dont la carrière n’a pas maintenu ce succès massif. L’expression mêle son nom à “asylum” (asile), suggérant avec humour qu’un artiste est enfermé dans un stade prolongé de baisse de visibilité ou de succès commercial. Les détracteurs de l’usage du terme soulignent toutefois qu’il est vague, souvent appliqué sans rigueur, et qu’il peut être perçu comme injustement moqueur ou simpliste. Le concept a émergé sur X en mai 2024, lorsque des utilisateurs ont commencé à poster des images et mèmes plaçant des artistes dans ce “Khia Asylum”, mêlant ironie, fandom et culture pop. Rapidement, d’autres fans ont repris l’idée pour “classer” des chanteurs qui semblaient moins présents dans le débat culturel dominant ou qui n’avaient pas connu de hits récents. Plutôt qu’un lieu réel, c’est donc une métaphore partagée : un espace symbolique où se retrouvent les artistes “oubliés” par certaines conversations en ligne.
Artistes “échappés” du Khia Asylum
Paradoxalement, certains chanteurs initialement évoqués dans ce contexte ont ensuite connu une forme “d’échappatoire”, souvent avec des sorties ou projets qui ont relancé leur visibilité. Charli XCX, artiste britannique expérimentale de longue date, a connu un regain d’attention avec son album BRAT (2024), acclamé pour sa production audacieuse et son impact culturel. Ce projet, défini par une esthétique club-pop et hyperpop, a permis à Charli d’être perçue comme revenue sur le devant de la scène, marquant une “fin de séjour” symbolique dans le Khia Asylum. Zara Larsson, pop star suédoise, a aussi été l’objet de discussions autour de sa place dans la pop moderne. Avec des titres comme Midnight Summer, elle a réussi à reconnecter avec les fans et à montrer une présence renouvelée, donnant lieu à des commentaires sur sa “sortie” du fameux asylum. Sabrina Carpenter, avec son projet emails i can’t send, a renforcé sa position dans le paysage pop, poussant certains à la considérer comme une artiste revenue au premier plan après des périodes de moindre visibilité. Chappell Roan, jeune artiste émergente, a attiré l’attention avec des singles comme The Rise and Sun, consolidant sa notoriété et réduisant l’usage du terme négatif à son sujet. Olivia Dean, auteure-compositrice britannique, a aussi vu son projet The Art of Loving salué, ce qui a contribué à contrer certaines narrations de baisse de profil dans les conversations en ligne. Ces exemples montrent que ce qui est perçu comme un “asylum” peut être éphémère, et que le fandom joue un rôle majeur dans la narration de carrière des artistes.
Qui est vraiment Bebe Rexha ?
Bebe Rexha est une auteure-compositrice et chanteuse américaine d’origine albanaise-américaine, active depuis les années 2010. Elle a d’abord écrit des chansons pour d’autres artistes avant de devenir elle-même une figure pop reconnue. Ses plus grands succès incluent des singles comme Meant to Be ainsi que I’m a Mess et I Got You. Rexha s’est forgée une réputation de voix puissante et versatile, mêlant pop, électropop et influences diverses, mais certaines critiques lui reprochent une visibilité moins constante que celle de ses pairs mainstream.
Dirty Blonde : The Visual Album
En 2026, Bebe Rexha annonce Dirty Blonde: The Visual Album, un projet mêlant musique et éléments visuels. Cette annonce arrive à un moment où Rexha joue avec le mème Khia Asylum, y compris via ses propres posts sur X qui utilisent l’imagerie humoristique de l’asile et des clés qui se libèrent, tout en restant derrière des portes fermées. Pour beaucoup de fans, Dirty Blonde pourrait marquer une transition décisive pour l’artiste — une manière de sortir de la caricature du Khia Asylum en offrant un projet narratif fort et cohérent. L’album visuel permet une expression artistique plus complète et pourrait séduire à la fois les fans existants et un public plus large, stimulant l’attention médiatique et les streams. La stratégie de communication autour de Dirty Blonde est intrigante : elle mise sur un engagement narratif, créant de l’attente via des indices visuels, clips ou segments annoncés progressivement. Les premières réactions des fans sur Instagram et TikTok montrent une excitabilité positive, certains espérant que ce projet lui permette enfin de se libérer de l’étiquette qui l’accompagne depuis trop longtemps. Toutefois, l’effet réel dépendra de l’accueil critique et commercial que Dirty Blonde recevra à sa sortie, un vrai test pour savoir si Bebe Rexha devient vraiment l’une des “échappées” du Khia Asylum.