Il y a quelques années encore, l'Albanie n'apparaissait dans aucun guide populaire. On la connaissait vaguement, coincée entre la Grèce et le Monténégro, avec une réputation héritée de décennies d'isolement. Aujourd'hui, les chiffres racontent une autre histoire. L'Organisation mondiale du tourisme l'a classée destination affichant la plus forte croissance touristique au monde pour 2024. Les recherches Kayak pour Tirana ont bondi de 144 % chez les Français. Et le pays a enregistré une augmentation spectaculaire de 82% des arrivées de touristes en 2024 par rapport à 2019. Le moment d’y aller, c’est maintenant.
Un pays qui s’est ouvert au monde il y a seulement 35 ans
Pour comprendre l'Albanie d'aujourd'hui, il faut remonter à 1991. Cette année-là, après 45 ans de dictature communiste sous Enver Hoxha (l'une des plus hermétiques du monde, encore plus isolée que la Corée du Nord à certaines périodes), le pays s'ouvre enfin au reste de l'Europe. C’est ce qui rend l'Albanie si fascinante à visiter en 2026. Elle porte les traces de toutes les civilisations qui l'ont traversée : Illyriens, Grecs, Romains, Byzantins, Ottomans, Vénitiens. Les vestiges antiques côtoient les mosquées ottomanes, les bunkers de béton soviétiques et les gratte-ciels flambants neufs. Le tout dans un pays de la taille de la Belgique, avec 400 kilomètres de côtes et 70 % de relief montagneux.
Tirana, la capitale qui a décidé de se réinventer par la couleur
Il y a vingt ans, Tirana était grise. Des immeubles soviétiques uniformes, une atmosphère de ville encore sous le choc de la transition. Puis Edi Rama est devenu maire. Artiste avant d'être politicien, il a lancé un chantier improbable : repeindre les façades. Des milliers de bâtiments couverts de motifs géométriques éclatants, de fresques monumentales, de couleurs qui n'ont plus rien à voir avec le béton d'avant. Aujourd'hui, Tirana est l'une des capitales les plus surprenantes d'Europe. À ne pas manquer : le Bunk'Art, un immense bunker nucléaire creusé sous le centre-ville, avec 5 étages et 106 pièces, reconverti en musée du communisme. Une scénographie saisissante qui plonge le visiteur dans les entrailles du régime Hoxha. Tout aussi incontournable, la Maison des Feuilles, ancien siège de la police secrète reconverti en musée du renseignement et de la surveillance.
Berat, la ville aux mille fenêtres qui regarde le monde
À 120 kilomètres au sud de Tirana, Berat est l'autre révélation. Surnommée "la ville aux mille fenêtres" pour ses maisons blanches empilées sur les flancs de la colline, chacune percée de rangées de larges ouvertures qui semblent vous observer, elle est classée au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2008 pour son architecture ottomane exceptionnellement préservée. Le château de Berat, Kalaja, renferme encore un village vivant : des rues en pierre, des maisons habitées, des églises byzantines du XIIIe siècle aux fresques intactes. Une atmosphère hors du temps. Le soir venu, toute la ville descend sur le boulevard Republika pour la xhiro, cette promenade quotidienne au coucher du soleil où plusieurs générations se croisent. Une tradition dont le nom fait référence au giro, la passeggiata du soir en Italie.
La Riviera albanaise, un air de Croatie avant le tourisme de masse
La comparaison revient dans tous les articles de voyage : l'Albanie suit exactement la trajectoire de la Croatie entre 2005 et 2015. Découverte par les voyageurs aventuriers, puis buzz croissant sur les réseaux sociaux, puis explosion des prix. Les amateurs de Dubrovnik connaissent la chanson. La Riviera albanaise s'étend sur 120 kilomètres entre Vlora et Saranda, sur la côte ionienne. Les reliefs y plongent directement dans la mer, des criques accessibles uniquement à pied ou par bateau, des eaux d'un turquoise qui rivalisent avec n'importe quelle carte postale grecque. Dhërmi est le spot le plus connu, avec ses bars de plage et ses festivals l’été. Himara séduit ceux qui fuient les foules. Ksamil, surnommée "les petites Maldives albanaises", offre quatre îlots accessibles à la nage depuis la plage. Et Saranda, à l'extrémité sud, donne accès à Butrint : cité antique fondée par les Grecs, occupée par les Romains, les Byzantins et les Vénitiens, classée à l'UNESCO et nichée dans un parc naturel au bord d'une lagune. La différence avec la Croatie ou la Grèce se fait sur les prix, qui restent largement inférieurs. Les voyageurs dépensent en moyenne 53 euros par jour en Albanie, contre 90 à 130 euros chez ses voisins méditerranéens. Le prix d’un repas n’excède guère quelques euros par personne. Des spécialités culinaires telles que le fërgesë, à base de fromage, poivrons et tomates, ou le tavë kosi, un ragoût d’agneau au yaourt, sont à tester.
Ce qu'il faut savoir avant de partir
Formalités : les ressortissants français entrent en Albanie avec la seule carte d'identité, sans passeport, pour des séjours jusqu'à 90 jours
Monnaie : le lek albanais (ALL). 100 leks ≈ 1 euro. Mieux vaut retirer aux distributeurs plutôt qu'à l'aéroport. Les euros sont parfois acceptés dans les zones touristiques, mais à taux défavorable.
Se déplacer : les furgons (minibus locaux) sont le moyen de transport le plus économique entre les villes (2 à 8 euros), mais pour visiter à son rythme, la location de voiture reste la meilleure option (environ 40-50 euros par jour)
Accès : des vols directs existent depuis Paris, Lyon et d'autres grandes villes françaises vers Tirana (aéroport international Mère Teresa)
Meilleure période : mai-juin ou septembre
Durée idéale : 10 à 14 jours pour un road trip complet