À la MEP, Tyler Mitchell déploie un univers visuel aussi lumineux que politique. Figure incontournable de la photographie contemporaine, l’artiste américain s’est imposé par un regard singulier, à la croisée de la mode, du portrait et du récit intime. À travers ses images, il interroge les notions de représentation, de liberté et d’identité, tout en capturant une jeunesse qui échappe aux stéréotypes. Cette exposition parisienne met en lumière la force de son travail : une photographie sensible, engagée et profondément ancrée dans son époque, qui redéfinit les codes visuels et ouvre de nouvelles perspectives sur le monde qui nous entoure.
Qui est Tyler Mitchell?
Artiste, photographe et réalisateur, Tyler Mitchell a plus d'une corde à son arc. Il grandit à Brooklyn, où il découvre l'art de la photo en filmant les skaters du coin, puis obtient son diplôme de cinéma à NYU avant de se lancer dans sa carrière professionnelle. Initialement friand d’éditoriaux de mode, la jeune pousse américaine développe, par la suite, ses skills dans plusieurs domaines et devient une figure majeure de la nouvelle génération de photographes américains. En 2018, il entre dans l’histoire en devenant le premier homme noir à photographier une couverture de Vogue, avec la Queen B herself : Beyoncé. Aujourd'hui, il continue de prendre des stars en photo, comme Zendaya, Harry Styles ou Ayo Edebiri, mais aussi des personnes lambda qu'il prend pour muses le temps d'un shoot.
Un photographe engagé
Plus qu'un simple photographe, Tyler Mitchell soutient des causes politiques qui se reflètent dans son travail. Plus précisément, l'homme de 30 ans met en lumière son identité afro-américaine à travers des clichés de jeunes hommes noirs au regard déterminé, souvent défiant. Il montre une autre réalité que celle partagée sur les médias mainstream en mettant en lumière les loisirs, histoires d'amour et relations familiales de la population noire américaine. Ainsi, Mitchell dénonce les violences directes et structurelles faites sur la population noire aux États-Unis de manière subtile, via un pêle-mêle de portraits, photos de mode et paysages utopiques.
Un avant-goût de l'exposition
Pour aller plus loin dans la présentation du travail de Tyler Mitchell et vous laisser sur votre faim, donnons quelques exemples de son expo. En entrant dans la MEP, des portraits aux couleurs flamboyantes nous accueillent. Un peu plus loin, on peut voir des mises en scène sortant d'une autre époque, une époque qui rappelle la ségrégation, dans des paysages bucoliques du Sud des États-Unis. Mais Mitchell se réapproprie les récits photographiques en ajoutant des personnes noires dans ces mêmes décors, réécrivant ainsi l'Histoire. L'expo se termine sur des portraits de familles noires, qui semblent sortir des années 1960. Le photographe assure donc la cohérence de son éditorial photo tout au long de l'expo, où il met en avant des corps noirs sous un aspect esthétique, tout en incitant une réfléxion à l'histoire occultée des Noirs des États-Unis. Ainsi, la poésie visuelle dialogue avec des enjeux politiques et culturels contemporains.