Cette fois, Tiakola met son propre nom dans le titre. Quatre ans après Mélo, l’artiste revient avec WpointM. Un nom qui fait directement référence à William Mundala, son identité civile. Depuis son premier album, Tiakola a pourtant rarement quitté le devant de la scène. La Mélo est Gangx avec Gazo, BDLM Vol. 1, des collaborations à répétition et une popularité qui dépasse progressivement les frontières du rap français. Mais son deuxième album solo marque une nouvelle étape. Tiakola conserve la formule musicale qui a construit "La Mélo", tout en allant chercher quelque chose de plus personnel. Cette fois, derrière Tiakola, William prend davantage la parole.
WpointM, un album plus personnel que Mélo
Tiakola ne cherche pas à abandonner ce qui a fait son succès. Il continue de naviguer entre rap, chant, R&B, pop et influences africaines, avec cette manière de faire glisser sa voix d’un genre à l’autre. Le changement se trouve surtout ailleurs. Ses racines congolaises, sa vie à La Courneuve, la célébrité ou encore les bouleversements provoqués par la réussite occupent ainsi une place importante dans le projet. Sur Sans toi, il revient notamment sur l’isolement qui peut accompagner une ascension aussi rapide. Réussir signifie avancer. Mais parfois aussi accepter que tous ceux qui étaient présents au début ne puissent pas suivre le même chemin.
La Courneuve reste au centre de son histoire
Le succès n’a pas effacé le 93120. La Courneuve reste l’un des fils conducteurs de WpointM. L’album s’ouvre même sur un extrait d’une réunion de quartier dans la cité des 4 000, où la réussite de Tiakola et ses conséquences sont évoquées. Une manière de replacer immédiatement l’artiste dans le décor qui l’a construit. Malgré son changement de dimension, Tiakola continue également de revenir dans sa ville. C’est là qu’il retrouve une frontière entre son personnage public et celui qu’il était avant le succès. Une distinction qui prend encore plus de sens avec un album portant presque son nom.
Du Congo à Londres, Tiakola élargit encore sa Mélo
WpointM ne regarde pourtant pas uniquement vers La Courneuve. Ses racines congolaises occupent également une place importante dans le projet. Tiakola a grandi avec plusieurs univers musicaux, du gospel entendu dans le cadre familial à la rumba congolaise, avant de développer sa propre rencontre entre chant, rap et Auto-Tune. Sur WpointM, cette ouverture se retrouve jusque dans les collaborations. Les 17 titres réunissent notamment Rema sur Best, Niro sur WpointM, Zaïko Langa Langa sur La vie d’un Homme, Jorja Smith sur Jet Lag et Theodora sur La Nocturne. Des artistes et des générations différentes qui donnent au projet une dimension beaucoup plus large. La Mélo reste française. Mais elle circule désormais entre plusieurs cultures.
WpointM trouve déjà son public au-delà de la France
Et cette ouverture se retrouve aussi dans les chiffres. Entre le 25 et le 27 septembre, WpointM a cumulé 13,2 millions d’écoutes dans le monde sur Spotify. Le projet a ainsi enregistré le meilleur démarrage mondial de la semaine sur la plateforme. Dans les 24 heures suivant sa sortie, l’album s’est également classé numéro un dans 11 pays. Un démarrage qui confirme que Tiakola n’évolue plus uniquement à l’échelle du rap français. Ses collaborations internationales et les influences africaines de sa musique accompagnent désormais une audience qui s’étend elle aussi au-delà de la France
Derrière La Mélo, William prend davantage de place
WpointM n’est donc pas l’album d’un Tiakola qui cherche à tout recommencer. Au contraire. Sa manière de chanter et de rapper reste immédiatement identifiable. Mais après plusieurs années à imposer "La Mélo", l’artiste utilise désormais cette identité pour raconter davantage ce qu’il y a derrière :
- La Courneuve.
- Ses racines congolaises.
- La réussite.
- La solitude qu’elle peut provoquer.
- Et William Mundala.
Le titre WpointM pouvait difficilement mieux résumer cette nouvelle étape : Tiakola ne fait pas disparaître La Mélo, il laisse simplement davantage de place à celui qui l’a créée.