Les "supérettes du coeur" à Séoul luttent contre l’isolement et la solitude

Maureen Evrard
Maureen Evrard

Journaliste société et culture, j’aime autant parcourir les expos que tester de nouveaux restaus ou binger des films & séries. Pour Swipe Up, je passe à la loupe ces "petits riens" qui font notre quotidien.

À Séoul, un nouveau genre d'établissement a récemment fait son apparition. Quelques "supérettes du coeur" ont ouvert dans la capitale sud-coréenne afin de lutter contre l'épidémie de solitude et d'isolement à laquelle font face des milliers d'individus. 

Depuis quelques temps, Séoul a fait installer dans plusieurs de ses districts des « supérettes du coeur ». Ces lieux d’un genre nouveau servent notamment à lutter contre la solitude et l’isolement. En coréen, "maeum pyenuijeom" combine maeum, signifiant "coeur, esprit, sentiment" et pyenuijeom, signifiant "proximité" mais étant couramment utilisé pour indiquer les supérettes. Ces "supérettes du coeur" sont accessibles gratuitement et ouvertes vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Les habitants se sentant seuls peuvent s’y rendre pour partager un café, un bol de nouilles instantanées ou un sauna avec d’autres. Il leur sera aussi possible d’accéder à une salle dédiée au soutien psychologique. 

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Une véritable épidémie de solitude

À Séoul, la lutte contre la solitude et l’isolement est devenue un enjeu de santé publique. Dans la capitale, les personnes vivant seules représentent plus de 35% des foyers. Parmi elles, plus de deux tiers disent ressentir de la solitude, et 13,6% disent se sentir isolés selon un sondage du Séoul Institute. Dans un article de Courrier International reprenant le journal The Korea Herald, on apprend que la municipalité a lancé un programme sur cinq ans, moyennant environ 277 millions d’euros, pour adresser ce problème. 

La santé mentale des Coréens

Dans la capitale sud-coréenne, près de 500 000 jeunes adultes de 19 à 34 ans vivraient socialement isolés. Le suicide est la première cause de mortalité chez ces derniers, selon une étude de Statistiques Corée (KOSTAT) datant de septembre 2022. Parmi les causes de la détérioration de leur santé mentale, on retrouve notamment un "trop-plein" d’éducation. Les jeunes Coréens sont poussés très tôt à travailler autant que possible, parfois jusque 22 heures le soir, pour intégrer les meilleures universités du pays. Malgré cela, leur entrée sur le marché du travail s’avère compliquée. Le nombre d’offres d’emploi diminue et la compétitivité sur le marché augmente sans cesse. Sans travail, beaucoup d’entre eux n’osent ou ne peuvent faire des rencontres amicales ou envisager une vie conjugale. Depuis leur installation en ville, les supérettes du coeur ont quant à elles déjà enregistré plus de 44 000 visites. Séoul a également mis en place une hotline dédiée à ces problèmes de solitude. Calibrée au départ pour recevoir 3 000 appels par an, elle en a reçu plus de 24 000 en un mois et demi. 

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