Icône de la photographie ayant révolutionné la culture contemporaine, Nan Goldin s’expose ici comme une véritable cinéaste. Depuis 1979, elle construit des récits à partir de milliers de clichés de son quotidien, traitant de l'enfance, du genre ou encore de l’addiction. Au Grand Palais, le parcours prend la forme d'un village pensé par l'architecte Hala Wardé, s’étendant jusqu’à la chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière. Si le titre de l'exposition "This Will Not End Well" peut sembler mélancolique, il met en scène une ironie : les photographies de l’artiste reflètent sa "joie de vivre inébranlable".
6 grandes œuvres à découvrir sans attendre
The Ballad of Sexual Dependency (1981-2022)
C’est sa pièce maîtresse. Ce journal visuel, réactualisé sur une bande sonore, explore les aspects d’une vie nocturne et survoltée. Au-delà de la fête, l'œuvre est un miroir du deuil : à mesure que ses proches disparaissent, emportés par l'épidémie du sida, Goldin transforme ses images une mémoire collective.
The Other Side (1992-2021)
Hommage vibrant à son entourage trans photographié entre 1972 et 2010, cette série capture aussi bien les moments de paillettes que de souffrances des drag queens de Boston et New York. Pour Goldin, qui vivait en communauté avec elles, ces portraits sont des déclarations d’amour et de gratitude envers elles.
Sisters, Saints, Sibyls (2004-2022)
Présentée dans le cadre de la chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière, cette installation vidéo traite du traumatisme familial et du tabou du suicide. En faisant dialoguer le destin tragique de sa sœur Barbara (qui s’est suicidée lorsque l’artiste avait 19 ans), avec le mythe de Sainte Barbara, elle brise le silence sur le traitement des femmes dans la société.
Sirens (2019-2020)
La partie Sirens propose une plongée sensorielle dans l’extase de la drogue. C'est une œuvre qui explore l'attrait dangereux des paradis artificiels. Elle capture l’instantané, où le plaisir et la perte de contrôle s’entrechoquent.
Memory Lost (2019-2021)
Inspirée par son combat contre la famille Sackler et l’industrie des opioïdes (substances psychotropes de synthèse comme le fentanyl ou l’oxycodone ). Cette œuvre est un voyage à travers les dérives de la dépendance. Goldin y raconte sa propre survie mais surtout son engagement militant avec l'association P.A.I.N., une lutte qui a mené au retrait du nom Sackler des plus grands musées du monde.
Stendhal Syndrome (2024)
Inspirée par les Métamorphoses d’Ovide, cette œuvre explore le trouble décrit par Stendhal : une perte de connaissance face à la beauté. À travers des diapositives directement projetées, Goldin propose une expérience fragile et sensorielle à découvrir.