C’est officiel ! La Cage aux Folles n’a pas fini de faire briller ses paillettes sur la scène du Théâtre du Châtelet. Portée par un succès public et critique spectaculaire, la comédie musicale culte s’apprête à revenir à Paris, sans date encore annoncée, mais avec une certitude affirmée par son directeur, Olivier Py : "le plus tôt possible". Le 10 janvier, la salle parisienne vibrait encore lors de la toute dernière représentation de ce spectacle événement, emmené par un Laurent Lafitte incandescent dans le rôle d’Albin, alias Zaza. Cette dernière représentation clôturait une série de 44 représentations jouées à guichets fermés depuis début décembre.
Un triomphe populaire et artistique
Paillettes, plumes, talons vertigineux et énergie communicative : La Cage aux Folles a métamorphosé le Théâtre du Châtelet en cabaret incandescent. L’engouement a été immédiat et massif ! 44 représentations à guichets fermés, deux dates supplémentaires ajoutées et aussitôt complètes. Chaque soir, le public ovationne le spectacle, parfois jusqu’à treize minutes d’applaudissements debout. Un succès qui dépasse toutes les attentes, y compris celles d’Olivier Py. "Je m’attendais à un succès, mais pas stratosphérique comme celui-là. Je n’ai jamais connu une telle unanimité dans ma carrière", confie le directeur du Châtelet. Avant son retour déjà acté, la comédie musicale cédera temporairement la scène à L’Annonce faite à Marie de Paul Claudel, du 28 janvier au 3 février. L’ambition est claire : offrir à La Cage aux Folles un avenir à la hauteur de son triomphe, entre tournée et retour à Paris.
Laurent Lafitte, un Zaza inoubliable
Dans cette version inédite mise en scène par Olivier Py, Laurent Lafitte embrase la scène. Drôle, flamboyant, fragile et bouleversant, il livre un Albin/Zaza d’une intensité rare, oscillant avec virtuosité entre comédie et émotion pure. À ses côtés, Damien Bigourdan incarne un Georges tout en finesse, formant un duo aussi explosif que profondément touchant. Les deux comédiens s’amusent, improvisent, interpellent le public et glissent des clins d’œil à l’actualité. La salle rit, s’émeut, puis rit encore. Un équilibre parfait entre divertissement et humanité, où l’émotion n’est jamais forcée mais toujours sincère.
Une œuvre culte, vibrante et nécessaire
Créée en 1973 par Jean Poiret, popularisée au cinéma par Michel Serrault, puis adaptée à Broadway en 1983 par Jerry Herman et Harvey Fierstein, La Cage aux Folles traverse les époques sans perdre de sa force. Dans la relecture d’Olivier Py, elle devient une œuvre résolument contemporaine, politique sans jamais être moralisatrice. Face aux crispations identitaires et aux discours excluants, le spectacle oppose l’amour, la tolérance et la liberté d’être soi. Portée par des décors ingénieux, des costumes étincelants, les Cagelles en chœur et les chansons cultes, dont l’inoubliable "I Am What I Am" ("J’ai le droit d’être moi"), La Cage aux Folles s’impose comme une grande comédie musicale, généreuse et profondément humaine.