L’album Bully de Kanye West, désormais connu sous son pseudonyme Ye, devait sortir cette semaine, mais une fois de plus, le rappeur a repoussé sa date de sortie. Initialement annoncé pour le 30 janvier 2026, le projet est désormais programmé pour le 20 mars 2026, toujours via le label YZY et en partenariat avec le distributeur indépendant Gamma. Le prochain projet de l’artiste est présenté comme son 12ᵉ album studio et est le fruit d’un travail entamé dès 2021, avec plusieurs versions de travail publiées en ligne au fil du temps. L’album a déjà donné lieu à un court métrage visuel réalisé par Hype Williams, mettant en scène le fils de Ye, Saint West, et il inclut des collaborations avec des artistes comme Peso Pluma, Playboi Carti et Ty Dolla Sign.
Kanye West face à lui-même : un album plus introspectif que jamais
Les thèmes officiels annoncés touchent à la mémoire, l’ego, la foi et les conséquences, suggérant une direction artistique introspective, peut-être plus mature que certains de ses travaux récents. Concrètement, de quoi hyper son public au maximum en revenant sur certaines des choses qu’il fait le mieux. Ye a l’air plus que jamais prêt à parler de lui, revenir sur ces années compliquées et pourquoi pas proposer une certaine rédemption aux yeux (et aux oreilles) de ses auditeurs. Le chaos de ces reports n’est pas inédit dans la carrière de Kanye, qui a plusieurs fois modifié les dates de sortie au cours des dernières années, parfois à quelques jours seulement de la date officielle. Cette instabilité a suscité impatience et frustration chez une partie de ses fans, qui attendent ce projet comme un retour majeur après des années compliquées sur et en dehors de la scène musicale.
Kanye s’excuse mais pas pour le retard de Bully
Autour de la sortie de Bully, Ye a fait d’importantes excuses publiques, abordant les propos controversés qu’il avait tenus entre 2022 et 2025. On retrouve parmi eux des déclarations antisémites et l’utilisation de symboles nazis dans ses créations. La semaine dernière, il a publié une lettre ouverte dans le Wall Street Journal adressée "à ceux que j’ai blessés", dans laquelle il exprime des regrets profonds pour ses paroles et actions passées.
Le rappeur attribue essentiellement ces propos à un diagnostic tardif de trouble bipolaire de type 1, lié à une blessure cérébrale non diagnostiquée après un accident de voiture en 2002 (il a d’ailleurs sorti un court album lié à cette maladie en 2018, considéré comme l’un de ses meilleurs projets par ses fans). Ye déclare dans ces excuses qu’il n’est ni nazi ni antisémite et qu’il aime les communautés juive et noire, tout en s’engageant vers la responsabilité, le traitement et un changement significatif. Cette démarche a été à la fois saluée pour son honnêteté et jugée insuffisante par certains observateurs, notamment l’Anti-Defamation League, qui note que la rémission de ses propos antisémites ne se limite pas à une publicité dans un journal. Dans des interviews ultérieures, Ye a clarifié que cette lettre n’était pas motivée par des intérêts commerciaux, mais par un poids émotionnel réel des conséquences de ses actions.