La sortie de Dracula (Remix) par Tame Impala, accompagnée de Jennie, marque une rencontre aussi inattendue que symbolique. Entre rock psychédélique et pop globale, le titre brouille les frontières musicales. Pour Jennie, cette collaboration dépasse le simple featuring prestigieux, elle s’inscrit dans une démarche assumée d’émancipation artistique. Après avoir conquis le monde avec Blackpink, l’artiste cherche désormais à redéfinir son image et à s’imposer comme une figure pop internationale, loin des codes figés de la K-pop.
Dracula (Remix) : une rencontre inattendue
Le 6 février 2026, Tame Impala publie Dracula (Remix) avec Jennie, issu de leur album Deadbeat. La version originale de Dracula, sortie en septembre 2025, avait déjà marqué un tournant pour le projet psychédélique dirigé par Kevin Parker, atteignant notamment le Billboard Hot 100. Le remix intègre désormais la voix et la présence de Jennie, avec des lignes réécrites pour l’occasion, transformant subtilement le texte et l’ambiance de la piste. Ce remix n’est pas seulement une simple extension du titre : c’est une fusion de deux mondes musicaux historiquement éloignés. Tame Impala apporte son esthétique électro/psychédélique, lente et hypnotique, tandis que Jennie insuffle une énergie pop légère, fluide et internationale. La collaboration avait été subtilement teasée sur les réseaux sociaux par Kevin Parker (le cerveau de Tame Impala), notamment avec une modification cryptique des paroles de la vidéo originale sur YouTube ce qui a immédiatement enflammé les spéculations des fans.
Entre K-pop et ambitions globales
Jennie Kim, connue sous son seul prénom éditorial Jennie, est l’une des figures les plus influentes de la scène K-pop. Membre du groupe mondialement connu Blackpink, elle a commencé sa carrière en 2016 et s’est rapidement imposée comme une star incontournable du genre. Blackpink en soi est un phénomène global : leur impact dépasse les frontières de l’Asie pour dominer les charts internationaux, coordonner des tournées mondiales et collaborer avec des artistes de premier plan. Mais Jennie ne s’est pas contentée de son statut dans le groupe : elle a évolué vers des projets solo et a fondé en 2023 sa propre structure, Odd Atelier, marquant une volonté d’indépendance créative.
Blackpink : une carrière déjà lumineuse
Avant Dracula, Jennie s’était déjà distinguée tant avec Blackpink que comme solo. Avec le groupe, elle a participé à des tournées gigantesques, accumulé des records de streaming et contribué à l’exportation globale du K-pop. En solo, sa carrière a connu un succès retentissant avec le single SOLO puis avec son premier album Ruby, sorti en mars 2025, enregistré majoritairement en anglais et largement acclamé. Ruby a été salué pour sa diversité musicale (pop, R&B, hip-hop), ses collaborations (Childish Gambino, Dua Lipa, Kali Uchis…) et son ambition internationale. L’album s’est classé dans le top 10 de nombreux pays, renforçant la portée mondiale de Jennie.
Ruby : l’album qui fait passer Jennie dans une autre dimension
Ruby n’est pas un album anodin : il marque une étape clé dans la carrière de Jennie en tant qu’artiste autonome. L’album aborde des thèmes de l’identité, de la confiance, de la force intérieure et explore des genres variés, reflétant une artiste prête à dépasser les conventions. Il a été conçu pour toucher les publics anglophones et non anglophones, ce qui a contribué à son succès global et à sa visibilité internationale. Les collaborations prestigieuses montrent également son ouverture musicale et sa volonté de dialoguer avec différents styles, ce qui est rare pour une artiste issue du K-pop mainstream. L’intention est claire : Ruby est calibré pour une audience mondiale, affirmant Jennie non seulement comme une star de K-pop mais comme une artiste pop globale, à l’instar de nombreuses icônes occidentales.
Vers une portée mondiale ?
La collaboration avec Tame Impala pour Dracula (Remix) s’inscrit dans cette stratégie : ouvrir des portes vers de nouveaux publics et disciplines musicales. En mêlant psychédélique et K-pop, Jennie se place au-delà des limites traditionnelles du genre, convoquant une esthétique innovante qui enrichit sa palette artistique. Ce choix démontre également une stratégie réfléchie : sortir de l’image de “idole K-pop” pour devenir une artiste à part entière, considérée pour sa singularité et sa polyvalence. Même si certains puristes préfèrent les sonorités originales, cette collaboration attire l’attention d’audiences souvent éloignées des rythmes K-pop, créant un vrai pont culturel entre scènes musicales. Enfin, le mélange des genres pop, psychédélique, rock enrichit l’écosystème musical global et montre qu’une carrière internationale est non seulement possible pour une artiste sud-coréenne, mais aussi bénéfique pour l’évolution de la musique moderne.