Qui n'a pas fantasmé sur Troy Bolton? Rêvé de chanter sur les tables de la cantine? Voulut être Sharpay Evans, micro à paillettes à la main et tenue rose parfaitement coordonnée ? La Gen Z a grandi avec High School Musical et aujourd'hui, le premier film fête déjà ses 20 ans. Et oui… 20 ans. Deux décennies à entendre "we soarin, flyin" dès qu'on se sépare de ses amis. Et pourtant, en 2006, le pitch de High School Musical ne se destinait pas à un tel phénomène générationnel.
We're all in this together, et ça fait 20 ans
On est le 20 janvier 2006 et un téléfilm est diffusé pour la première fois sur Disney Channel: High School Musical. Un lycée américain, des adolescents beaux-gosses, des chansons (beaucoup de chansons) et la naissance d'un phénomène mondial. En quelques semaines, Troy Bolton et Gabriella Montez s'invitent dans les foyers du monde entier, les CD s'arrachent, les chorégraphies se répètent dans les cours de récré et Disney tient son nouveau hit. Vingt ans plus tard, difficile de ne pas sourire en entendant les premières notes de n'importe quelle chanson. High School Musical est la Madeleine de Proust de toute une génération.
Un pari presque innocent
Initialement, les producteurs étaient en pleine expérimentation. La chaîne teste, observe et cible les enfants et jeunes ados avec des histoires simples et fédératrices. Les jeunes doivent pouvoir se plonger dans le récit, s'identifier aux personnages et absorber les valeurs véhiculées. À l'exemple de Hannah Montana ou des Cheetah Girls, HSM est une n-ème comédie musicale, composée de romances timides, rivalités sportives, clubs de chant et messages bien définis: on peut être qui l'on veut quand on est bien entouré. Rien de trop ambitieux, ni d'original, juste de quoi faire une audience satisfaisante. Mais dès la première diffusion, le nouveau film Disney Channel fait sensation: plus de 7,7 millions de téléspectateurs! Aujourd'hui, la franchise a cumulé plus de 225 millions d'auditeurs dans le monde… de quoi faire pâlir les plus grands réalisateurs.
Un message qui chante et qui danse
À une époque où la plupart des films et séries pour enfants renforcent les cases et stéréotypes, HSM se distingue en montrant qu'on peut être plus d'une chose à la fois. Ce n'est pas parce qu'on est le mec le plus sportif du lycée qu'on ne peut pas aussi aimer chanter (Troy, on te parle). Le nouveau téléfilm prône la quête d'identité et l'acceptation de soi de manière douce et, bien sûr, en musique. Ah, cette musique! Je suis sûre qu'en lisant ces mots, une chanson de HSM vous est venue en tête. Entêtante, omniprésente, impossible à éviter. Même sans parler anglais on connaissait les paroles, ou du moins, la mélodie.
Une légacie qui perdure
Le succès du premier opus appelle une suite. En 2007, High School Musical 2 est diffusé sur Disney Channel. Un an plus tard, c'est le troisième film que l'on regarde, mais cette fois au cinéma. En trois ans, l'entreprise a produit trois films, chacun ayant plus de succès que le précédent. Vingt ans plus tard, la trilogie n'est pas seulement un souvenir, un morceau de notre enfance: c'est une véritable référence. On la cite, on la parodie, on la réactualise. Des concerts sont organisés, des livres sont écrits, et des spin-offs sont produits, comme La Fabulous Aventure de Sharpay en 2011, et plus récemment, High School Musical: la Comédie Musicale, la série sur Disney+. Comme toute œuvre pop marquante, HSM dépasse son format initial pour devenir un repère culturel.
The start of something new?
Aujourd'hui, High School Musical repose avant tout sur la nostalgie. Celle d'une époque, d'une émotion collective, d'un moment précis où tout semblait possible si on chantait assez fort. Revoir la trilogie aujourd'hui, ce n'est pas redécouvrir un film (objectivement pas dingue), mais se souvenir: l'enfance, les soirées devant Disney Channel, les chansons apprises par cœur sans rien comprendre aux paroles. High School Musical est devenu un langage commun, une référence générationnelle. Si les années 2000-2010 reviennent à la mode, ce n'est sans doute pas un hasard: tout paraissait plus simple. Alors pourquoi ne pas garder un peu de cet esprit-là, celui avec lequel on regardait Troy et Gabrielle chanter sur un terrain de golf, et l'emporter avec nous dans cette vie d'adulte parfois morose, parfois floue, mais toujours en quête d'un refrain auquel se raccrocher?