Comme chaque printemps, le Festival de Cannes transforme la Croisette en capitale mondiale du cinéma. Cette année, Cannes a décidé de jouer l'histoire. Annoncé le 26 février 2026, le président du jury de cette 79e édition n'est autre que le cinéaste sud-coréen Park Chan-wook : le réalisateur culte d'Oldboy et de Mademoiselle. Une première : jamais un réalisateur coréen n'avait occupé ce rôle au sommet du festival le plus prestigieux du monde. Park Chan-wook, connu pour son goût de la narration complexe et des récits qui prennent aux tripes, succède à Juliette Binoche. Son arrivée à la tête du jury dit beaucoup sur ce que cette édition entend valoriser : le style, l'audace, les films qui ne ressemblent à rien de déjà vu. Pour animer les cérémonies d'ouverture et de clôture, c'est l'actrice française Eye Haïdara qui a été choisie. Révélée au grand public dans Le Sens de la fête (performance qui lui avait valu une nomination au César du meilleur espoir féminin), elle s'est imposée depuis comme une voix engagée, sur les écrans, mais aussi en dehors, en signant notamment l'essai collectif Noire n'est pas mon métier. À 43 ans, elle est l'incarnation parfaite d'un festival qui, lui aussi, cherche à bouger les lignes.
Une sélection 100% auteur, zéro blockbuster
Dévoilée le 9 avril, la sélection officielle a de quoi faire saliver les cinéphiles. Ici, pas de superproduction hollywoodienne, pas de franchise en vue. Les 21 films en compétition forment une programmation assumée, internationale et exigeante, qui réunit les plus grands noms du cinéma d'auteur mondial : des réalisateurs espagnols, iraniens, japonais, polonais, russes… On peut notamment citer Histoires parallèles d'Asghar Farhadi, le célèbre scénariste iranien, avec un casting cinq étoiles (Pierre Niney, Virginie Efira, Vincent Cassel...). Relevons aussi le retour du binôme Scarlett Johansson - Adam Driver sur grand écran, avec Paper Tiger de James Gray. Ce dernier attend impatiemment sa Palme d’Or, qu’il n’a jamais obtenu, malgré ses quatre films présentés à Cannes depuis le début de sa carrière. Aura-t-il plus de chance avec le cinquième ? Le cinéma français est lui aussi bien représenté, avec plusieurs longs-métrages très attendus. Le film d'ouverture, La Vénus électrique de Pierre Salvadori, lui hors compétition, donnera le ton dès le 12 mai avec Anaïs Demoustier et Pio Marmaï à l’affiche. Une comédie dramatique se déroulant dans le Paris des années 1920, légère et élégante, pour commencer le festival du bon pied. On retrouvera aussi une adaptation d’Arthur Harari avec L’Inconnue, ou encore Garance de la réalisatrice adorée par Adèle Exarchopoulos, Jeanne Herry.
Des stars, des premières et une riche programmation queer
Côté Croisette, le casting des stars attendues s'annonce spectaculaire. Monica Bellucci, Kristen Stewart, Marion Cotillard, Léa Seydoux, Isabelle Huppert, Rami Malek… Autant de noms qui vont ravir les fans et les photographes. Mais la vraie surprise de cette édition, c'est John Travolta qui débarque non pas comme acteur, mais comme réalisateur : son tout premier long-métrage, Vol de Nuit pour Los Angeles, est présenté dans la sélection Cannes Première. À noter aussi que le cinéaste néo-zélandais Peter Jackson recevra la Palme d'or d'honneur, ainsi que l'icône de la pop culture du XXe siècle, Barbra Streisand. Ce qui rend vraiment cette édition unique, c'est aussi la place accordée aux récits LGBTQ+. Sur 21 films en compétition, 7 abordent des perspectives queer, comme Coward de Lukas Dhont, ou encore Autofiction de l’espagnol Pedro Almodóvar. Chacun de ces films pourraient se qualifier pour la Queer Palm, une distinction spécifique qui existe depuis 2010 au festival de Cannes. C'est une année presque record, et un signal fort envoyé par une institution qui, pour cette édition, choisit clairement son camp : celui de la diversité des regards et des histoires qui méritent enfin d'être racontées. Rendez-vous le 12 mai.