Après plus de six ans d’attente, la série de Hunter Schafer, Sam Levinson et Ron Leshem revient enfin sur nos écrans. Le premier trailer de deux (petites) minutes nous a été dévoilé, et il annonce une suite remplie de changements, avec une direction artistique qui semble coller à l’aspect plus mature de la série. Avec le trailer de sa saison 3, Euphoria se dirige vers une maturité que l’on pourrait qualifier de décisive. On comprend très vite que l’on a quitté le cadre du lycée : la série plonge ses personnages dans un âge adulte aux apparences instables, où leurs illusions de jeunesse peuvent laisser place à la violence du réel.
Plus mature, pour le meilleur et pour le pire ?
Rue, toujours au centre de l’histoire (encore heureux), semble évoluer dans un monde sans repères, confrontée à des choix dont les conséquences peuvent être encore plus lourdes qu’avant. La mise en scène conserve l’esthétique sensorielle chère à Sam Levinson, mais la lumière se fait plus crue, et les silences semblent plus pesants. Les relations peuvent éclater à tout moment, et l’ensemble évoque bien moins une chronique générationnelle que un récit de survie. Ce trailer annonce une saison plus introspective, encore plus sombre et mature, où Euphoria interroge frontalement des thématiques comme la désillusion, la solitude et la difficulté de se construire une identité hors du regard adolescent que les personnages incarnaient jusque-là.
Une potentielle évolution nécessaire mais surtout cohérente
Ce virage narratif s’appuie en réalité sur un succès commercial hors du commun. Dès sa première saison, Euphorias’impose comme un véritable phénomène, réunissant en moyenne 6,6 millions de spectateurs par épisode et captant massivement le public des 18-49 ans (oui, oui, c’est une tranche très large mais véritable). Mais c’est la saison 2 qui propulse la série dans une autre dimension : avec plus de 16 millions de téléspectateurs en moyenne, elle devient le deuxième programme le plus regardé de l’histoire de HBO, derrière l’immense Game of Thrones. Chaque diffusion s’accompagne d’un raz-de-marée sur les réseaux sociaux, faisant d’Euphoria bien plus qu’une série. Le show d’HBO est devenu un véritable objet culturel, capable de transformer ses personnages, sa mode et ses thèmes en références générationnelles sur le long terme.
Une implantation culturelle pas si anodine
Mais alors d’où viendrait vraiment ce succès ? Si l’on met de côté un casting cinq étoiles et le fait que la série soit produite par la star internationale Drake, Euphoria s’impose depuis ses débuts comme un miroir certes déformant (inexact, fantaisiste), mais tout de même représentatif d’une génération en quête de repères. L’identification du public aux personnages de la série est donc naturelle, ce qui facilite sa visibilité dès ses débuts. En déplaçant ses personnages vers l’âge adulte, la saison 3 pourrait prolonger cette représentation d’une jeunesse confrontée à l’isolement, à l’addiction et à la pression constante du regard social.