Avec Octane, Don Toliver nous fait sentir qu’il change de vitesse, de direction. Son cinquième album studio s’impose comme une nouvelle étape dans la trajectoire d’un artiste qui n’a jamais cessé de brouiller les frontières entre trap mélodique, R&B futuriste et expérimentation sonore. Pensé comme un projet en mouvement, Octane puise son imaginaire dans la vitesse, la liberté et une forme de fuite en avant permanente, à l’image de son titre. Cette direction artistique colle parfaitement avec celle de son précédent projet, tout en proposant quelque chose de nouveau. L’artiste commence à mettre en avant et à construire un univers de plus en plus cohérent et propre à lui-même.
Octane : Don Toliver déroule sa vibe unique, frontal et hypnotique
Sur une tracklist dense, Toliver déroule un univers nocturne et cinématique, où les basses grondent, les synthés flottent et les mélodies s’étirent comme des lignes droites à perte de vue. Les premiers extraits, Tiramisu ou ATM, donnaient déjà le ton : un Don Toliver plus frontal, mais toujours immersif, capable de transformer chaque morceau en décor mental. Octane ne cherche pas à ralentir ; il avance, parfois à l’aveugle, mais toujours avec une identité sonore reconnaissable entre mille.
Des premiers retours contrastés
À peine sorti, Octane a immédiatement déclenché les discussions. Rien de très étonnant pour l’un des rappeurs les plus appréciés et écoutés de sa génération. Sur les réseaux sociaux et les plateformes spécialisées, les avis alternent entre enthousiasme et frustration mesurée. Une partie du public salue la cohérence sonore du projet, ses ambiances enveloppantes et plusieurs morceaux qui s’imposent comme des temps forts évidents, notamment grâce à des productions immersives et des refrains entêtants. Comme dit précédemment, Don maîtrise toujours bien son art, et c’est sa volonté de se renouveler qui divise le public et la critique.
D’autres retours, en revanche, reprochent à l’album une énergie inégale, évoquant certains sons jugés trop contemplatifs ou trop étirés. Cette réception partagée n’a rien d’anodin : Octane fait partie des albums qui se vivent davantage comme une expérience globale que comme une simple collection de singles. On peut donc saluer la prise de risque, en ne cherchant pas à sortir un album pensé pour une rejouabilité maximale et une quantité de streams garantie, mais plutôt un projet qui raconte quelque chose et fait voyager chaque auditeur.