Peut-on vraiment faire de la garde à vue un divertissement ? C’est une question que pose L’Humanité, dans une vidéo parue sur les réseaux sociaux ce vendredi 12 décembre. Le journal et d'autres internautes réagissent notamment à l’ouverture d’un théâtre bar immersif, sur le thème de la garde à vue. Situé à Nîmes, le lieu propose une enquête "en immersion" avec comédiens, boissons et apéritif dînatoire. Les participants sont alors "convoqués pour une garde à vue dans un commissariat de police" en tant que suspects d’un meurtre. Les organisateurs annoncent 1h30 d’amusement et de rire. Aujourd’hui, nombre d’escape games et autres jeux immersifs s’inspirent déjà de thèmes d’enquêtes policières, mais la garde à vue mérite-t-elle un éclairage fun et ludique ?
Une "immersion" en garde à vue
Dans une vidéo publiée sur la page Instagram de l’établissement, une jeune femme raconte "une expérience incroyable dans l’ambiance d’une garde à vue". Elle est filmée sur place, dans de nombreuses mises en scène. Présentation d’une "convocation comme dans un vrai commissariat", prise d’empreintes digitales, photos d’arrestations et "interrogatoire dans le bureau du commissaire". La vidéo donne le ton : un moment amusant "avec planche et boissons" à partager en famille ou entre amis. La testeuse termine par dire que "franchement, c’est à faire au moins une fois. Mais qu’en est-il de la vraie garde à vue ?
Une vision faussée des interventions policières
En Europe, la France fait partie des pays les moins bien classés en terme de violences policières. Une enquête du média Basta! fait état d’au moins 488 décès en garde à vue ou lors d’interventions policières entre 2020 et 2022 dans 13 pays de l’UE ayant fourni ces données. Avec 107 de ces morts, la France détient même le chiffre le plus élevé de ces derniers. Si la majorité de ces décès sont liés à des blessures par balle, nombre d’entre eux ont lieu en garde à vue, par suicide ou "cause de mort naturelle". De même, le média d’investigation Disclose dénombre "429 victimes déclarées de violences sexuelles commises par les policiers et les gendarmes. Là aussi, la majorité d’entre elles sont des collègues. 75 cependant sont des personnes interpellées : en garde à vue, au dépôt d’un tribunal ou contrôlées dans l’espace public. Pas de quoi s’amuser, donc.