Seb la Frite surprend son public avec un retour inattendu à la musique. Après Crashtest en 2021, le créateur dévoile un nouveau projet ambitieux : Backpack, un album de 12 morceaux accompagnés chacun d’un film d’animation. Un projet totalement indépendant, pensé comme une œuvre artistique globale.
Un journal intime sonore
Avec Backpack, Seb la Frite signe son projet le plus personnel à ce jour. Loin des formats face caméra qui ont façonné sa notoriété, le créateur devenu musicien adopte une démarche introspective et recentrée sur son propre parcours. Les douze titres s’enchaînent comme les pages d’un carnet intime. Doutes, pression du succès, fatigue et contradictions s’y mêlent. L’ensemble s’appuie sur une trap mélancolique, des mélodies aériennes et une autotune feutrée qui renforcent l’atmosphère introspective du disque.
“Vider son sac” dépasse ici la formule. Backpack se présente comme un espace libre et instinctif. Le projet est né de sessions improvisées avec les producteurs Saan et Racy, loin des contraintes imposées par un label. Pensé comme une réponse à des débuts compliqués dans l’industrie musicale, le disque puise également dans des expériences de voyage en Papouasie, Kirghizistan, Inde, Tanzanie et dans une écriture plus personnelle.
Un paresseux comme alter ego
Au cœur de Backpack, un personnage s’impose : un paresseux à capuche, sac à dos sur les épaules. Cet animal totem agit comme un double symbolique de Seb la Frite. Le paresseux ne sert pas de masque, mais de révélateur. À travers cet avatar, fragilités, contradictions et ambitions peuvent être explorées autrement. Le personnage devient un fil rouge narratif reliant les douze morceaux, chacun accompagné d’un court film d’animation, pensée comme une pièce à part entière du projet.
L’univers visuel occupe ainsi une place centrale dans le projet, conçu comme une œuvre globale où musique et image dialoguent en permanence. Pour façonner cette identité graphique, l’artiste s’est entouré de Sofyan, fondateur d’un studio d’animation, ainsi que du directeur artistique toulousain Karl N'da Adopo pour la conception de la pochette. La cover, réalisée sans intelligence artificielle, s’inscrit dans une démarche artistique assumée. Ce choix souligne la volonté de proposer un univers cohérent et travaillé dans les moindres détails.
Plus qu’un album, Backpack déploie un univers complet où identité visuelle et sonore se répondent. Musicalement, les influences varient d’un titre à l’autre entre rap, textures électroniques et touches plus expérimentales témoignant d’une liberté artistique revendiquée.
Un redéfinition de son identité
Avec ce deuxième album, Seb la Frite poursuit la transformation amorcée en 2021 avec Crashtest. Cette fois, la direction apparaît plus affirmée : indépendance revendiquée, instinct assumé et prise de distance avec le regard extérieur. Longtemps associé à son image de créateur YouTube, l’artiste cherche désormais à affirmer une identité musicale détachée de cette étiquette. L’enjeu ne réside plus dans la démonstration d’une légitimité, mais dans la construction d’un univers cohérent où son, image et narration avancent ensemble.
Backpack s’impose ainsi comme un nouveau point de départ. Le projet traduit une volonté de reprendre le contrôle sur sa trajectoire, d’assumer les erreurs passées et de transformer voyages, succès et doutes en matière créative. “J'ai tout fait pour essayer de m'émanciper de ce que les gens pourraient penser, pour voir ce que ça fait de faire les choses instinctivement”, confie-t-il à l’Agence France-Presse.
Dans cet album de douze titres mêlant rap, mélodies planantes et touches électro, l’artiste revendique une couleur homogène et un projet né d’un “pur kiff” partagé entre amis. Disponible sur toutes les plateformes, Backpack s’accompagne également d’une collection de merchandising fidèle à l’univers du paresseux voyageur, prolongeant cette redéfinition artistique au-delà de la musique.