Adèle Exarchopoulos change de registre. Après Je verrai toujours vos visages, l’actrice retrouve la réalisatrice Jeanne Herry pour un film entièrement centré sur son personnage. Dans Garance, elle incarne une jeune comédienne qui travaille, mais qui est loin d’être une vedette. Elle déménage, tombe amoureuse, fait la fête et tente de faire avancer sa carrière. Mais dans son quotidien, l’alcool est toujours présent. D’abord utilisé comme un carburant ou un réconfort, il prend progressivement une place beaucoup plus importante dans sa vie. Le film accompagne ainsi Garance pendant huit années, entre joies, angoisses, rencontres et coups durs. Présenté en compétition au Festival de Cannes 2026, Garance arrive dans les salles françaises ce mercredi 23 septembre.
Huit années dans la vie de Garance
Cette fois, Jeanne Herry change de méthode. Après les récits choraux de Pupille et Je verrai toujours vos visages, la réalisatrice voulait se concentrer sur un seul personnage. La caméra reste donc au plus près de Garance et traverse avec elle huit années de sa vie. Le personnage est loin de l’image de la star de cinéma. Garance est une actrice qui attend qu’on lui propose des rôles, espère être choisie et compose avec l’incertitude de son métier. Un décalage forcément intéressant pour Adèle Exarchopoulos, devenue elle-même l’une des actrices françaises les plus demandées de sa génération.
Une histoire inspirée du réel
Derrière Garance se cache aussi une histoire vraie. Pour construire son personnage, Jeanne Herry s’est appuyée sur les témoignages d’une jeune femme confrontée à l’alcoolisme, qui lui a raconté son parcours jusqu’au sevrage. La réalisatrice a ensuite mélangé cette matière documentaire à sa propre expérience. Avant de passer derrière la caméra, Jeanne Herry a elle-même été actrice et est passée par le conservatoire. Elle connaît donc cette attente particulière liée au métier : passer des castings, espérer être choisi et dépendre constamment du regard des autres. Garance se situe ainsi à la frontière entre fiction, témoignage et expérience personnelle.
L’alcool sans les clichés habituels
L’alcool est omniprésent dans le film, mais pas forcément de manière spectaculaire. Il accompagne les fêtes, les rencontres et le quotidien de Garance. Sa consommation augmente progressivement tandis qu’elle continue longtemps à penser qu’elle maîtrise la situation. Plutôt que de réduire son héroïne à son addiction, Jeanne Herry s’intéresse à tout ce qui continue d’exister autour : son travail, ses amitiés, ses histoires d’amour et son envie d’avancer. Une façon de montrer que la dépendance ne résume jamais entièrement une personne.
Une histoire d’amour au cœur du film
Car Garance n’est pas uniquement un film sur l’alcoolisme. Au centre du récit se trouve également Pauline, incarnée par Sara Giraudeau. Sa relation avec Garance devient progressivement l’un des fils rouges émotionnels du film. Jeanne Herry a notamment voulu éviter le cliché de la passion forcément toxique ou destructrice. Leur histoire permet au contraire au film d’explorer l’amour, la présence et l’acceptation de l’autre malgré ses fragilités. Une relation qui rappelle également l’un des thèmes récurrents du cinéma de la réalisatrice : la manière dont les autres peuvent nous aider à continuer d’avancer. Avec Garance, Adèle Exarchopoulos ne joue donc pas seulement une femme confrontée à l’alcoolisme. Elle accompagne un personnage pendant huit années de transformations, de relations, d’excès et de reconstruction. Un rôle où l’addiction occupe une place importante, sans jamais prendre toute la place.